[XOU-IT] Accueil » Annuaire » Jeux » Jeux de rôle - RPG » Ecoles (académies, magie, poudlard...) » Ecoles - Académies » Forum Tadashi Private Boys' School
~Tadashi Private Boys' School~
Une maison de redressement pour jeunes délinquants... YAOI NC-17
Allait-il se plaire ici ? Comment allaient les autres ? Lui en voulaient-ils ? Il n'avait même pas pu leur ramener le corps d'Heaven... Qu'en avaient fait les flics, au fait ? Un soupir lui échappa. Il expulsa longuement la fumée. Ignorant qu'au bout du couloir, Jiao.Gou pestait contre l'escalier. Une légère brise l'entoura doucement. Sweet se laissa porter. Il n'entendit pas la porte s'ouvrir. Ne sentit pas le regard haineux de l'autre garçon sur lui, sur la chambre.
"Putain, y manquait plus que ça... Et puis ferme cette fenêtre bordel !"
Sweeten sursauta soudain sous le ton employé, les paroles venues comme un cheveux sur la soupe. Il en fit tomber sa cigarette, qui s'écrasa deux étages plus bas, dans les graviers. Il se retourna violemment, comme pris en faute. Et se hâta de sortir du chemin de son colocataire. La fenêtre fut refermée, comme l'était la porte. Prisonnier, ou presque. Une main sur son écharpe, pour vérifier que son "intimité" était protégée. Et une lueur de crainte passa furtivement. Puis le vrai Sweeten refit surface.
T'ES MALADE ?! TU M'AS FOUTU LA TROUILLE !
Jiao et sa gueule d'ange ne l'intimidaient pas le moins du monde. Il leva les yeux au ciel et se détourna. Dédaigna l'inconnu. Tout ce qu'il y avait de plus mignon. Qui devait avoir un sacré sourire. Et avec qui il allait devoir partager cette chambre. Kami-sama, elle commençait bien, cette relation... Il eut un sourire. Et finit de déballer ses affaires. Il retira d'ailleurs sa veste, mais garda la lourde écharpe autour de son cou. Sweet rangea sa maigre pile de vêtements dans le bas de l'armoire. Au moins, lui ne prendrait pas de place. Ça ne semblait pas être le cas de son colocataire et de son énorme valise.
T'es un lève-tard ?
Parce que ce n'était pas du tout son cas. Et dès demain, au plus tôt, il ferait le tour du pensionnat. Autant savoir s'il devrait quitter la chambre sur la pointe des pieds, ou se faire tout petit, pour ne pas gêner l'autre, qui se préparera pour sa journée également. Sweet n'est pas contrariant. Il porta un instant la main à sa gorge. Il était épuisé et nombre de ses muscles criaient au repos. Il allait leur obéir bien sagement. Sauf que...
Il se tourna vers son colocataire -dont il ne savait toujours pas le nom-. Comment se déshabiller dans cette chambre sans intimité ? Comment continuer à cacher sa cicatrice, si Jiao pouvait le mater quand il voulait ? Cela l'affola un instant. Il n'avait pas honte de cette marque de souffrance. Mais il savait ce que la vue de cette horreur peut faire comme effet aux gens. Il n'a pas envie de revivre ça ici aussi. C'est humiliant, ces regards de pitié, ou écœurés, posés sur lui. Il avait tant besoin de paix... Enfin, Sweeten allait essayer tout de même. Il rejoignit l'armoire, en tira un boxer et un de ses T-shirts à col haut.
Dos à Jiao, il défit tout simplement son jean serré, qu'il laissa glisser le long de ses jambes fines -trop peut-être, mais il vivait dans la rue.- Encore ses atouts masculins, il se fichait royalement de les exhiber. Mais cette cicatrice. L'adolescent retira ensuite son boxer, enfila l'autre, propre et frais. Il frissonna. Et inspira un bon coup, alors qu'il abandonnait l'écharpe. Puis se dénudait totalement, faisant passer le T-shirt au dessus de sa tête. Sweet glissa presque immédiatement l'autre haut, pour ne vraiment laisser rien paraître. Au pire, cela passerait comme de la pudeur !
J'vais me coucher.
Sweeten rangea ses petites affaires prestement et se glissa dans la couchette du bas. Les draps étaient glacés. Jiao allait gueuler, vu sa tête. Il sourit pour lui-même, et se blottit, dos à la chambre, pour ne pas être gêné par la lumière, vu qu'il n'avait pas tiré le rideau. Quelques instants, il ignorait ce que faisait l'autre garçon...
J'm'appelle Sweet, au fait....
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t125-Chambre-69-Jiao-Sweet.htm
Pardon ?
Nous sommes arrivés, descends.
Ah.
Zarain Muvo, dit Sweeten, tourna la tête vers la silhouette des bâtiments de son nouveau "chez-lui". Il soupira, chopa le seul sac, une besace en piteux état, sur la banquette à côté de lui, et ouvrit la portière de la voiture banalisée de police. Ils s'étaient stoppés sur un parking, où hibernaient des dizaines de voiture, sans doute celles des professeurs. Faiblement éclairé par un unique réverbère, il lui semblait que les ombres alentour allaient le dévorer. Il n'aurait pas demandé mieux. La voiture démarra. Il se retourna à demi. Il faisait quoi maintenant ? Un soupir lui échappa à nouveau. Sa besace sur l'épaule, il rejoignit le portail et le poussa. Le seul endroit éclairé, à cette heure tardive, l'appela à lui.
Pourtant, il s'arrêta. Dans ce parc désert. Il frissonna sous le froid de cette fin d'hiver. Et remonta son écharpe sur sa gorge meurtrie. A cet instant, Tadashi Daigaku aurait pu foutre la trouille à n'importe qui. Pas un bruit, pas un mouvement. Juste le vent dans les arbres, qui glissait sur les bancs abandonnés. vaguement, il se demanda si certains pensionnaires allaient contre le couvre-feu -sans doute qu'il y en avait un ici- pour s'amuser dans les couloirs vides de vie. Lui le ferait sûrement. Enfin, s'il avait de bonnes raisons. Heaven aurait aimé faire les quatre cents coups ici.
P'tain, qu'est-ce que je fous là ?
Sweeten reprit sa marche, abandonnant son observation du parc. Il lui faudrait sans doute quelques jours. Pour s'habituer à être enfermé, à être seul. Et pour faire le deuil d'Heaven. La paix, quelques jours de vacances. Avant de foncer à nouveau la tête la première dans les ennuis, comme si de rien était. Nouveau soupir. Où était donc passé le souriant et candide Sweeten, qui se fichait de l'opinion d'autrui et de ses tristes sentiments ? Il aurait voulu avoir une crise, n'avoir plus à penser qu'à sa douleur, qu'à ce trop-plein d'inf...
Le secrétaire est à moitié endormi. Il tenait sa tasse de café, comme si elle était le seul détail qui l'empêchait de sombrer dans le sommeil. Un sourire, plein de douceur, étira les lèvres du garçon. Sweet se rapprocha. Sa présence éveilla un peu l'employé. Echange de sourire. Il est tellement facile de faire sourire quelqu'un, quand on a le sourire facile, avez-vous remarqué ? Il posa sa besace par terre, et s'appuya de ses coudes sur le comptoir.
Bonsoir. Swee... Zarain Muvo. Département Scientifique.
Bonsoir ! Oui, oui, nous avons été prévenu de ton arrivée tardive... Chambre 69.
Je vous remercie. Où sont les dortoirs ?
Tu suis l'allée jusqu'au saule pleurer et c'est tout de suite à gauche. La porte est éclairée. Le second étage.
Merci beaucoup. Bonne soirée !
Il prit la clef et la pochette que le secrétaire lui tendait. Un dernier sourire, pour la route. Il avait rougi un peu au numéro de la chambre, et il joua tout le long du chemin, avec la petit clef, accrochée à une plaquette en plastique, où le 69 semblait scintiller. Il suivit scrupuleusement les instructions de l'homme. Sweeten était trop épuisé pour faire du tourisme à cette heure. Après cinq jours en cellule, il avait bien besoin d'une douche, et d'une nuit complète dans un lit. 22, 23, 25... Les couloirs étaient tout aussi déserts que le parc. L'adolescent parvint tout de même à voir une porte se refermer précipitamment à son passage. 67, 68, 69. Ah voilà.
Il introduisit la clef et poussa la porte. La première chose qu'il fit fut d'ouvrir la fenêtre. Et puis, il observa la chambre. Un seul bureau, mais les lits superposés lui firent comprendre qu'il aurait un colocataire. Il alluma la lumière. Pas de salle de bain. Ce serait sans doute commun à tout l'étage. Il posa son sac sur son lit, et commença le déballer. Bien...
[Vu que mon cerveau, Ô miracle, s'est mis en marche dès mon réveil, je me suis dit, que tu pourrais répondre ici, sans que nos deux Chiwis se croisent, mais qu'ils se rencontrent dans leur chambre commune. Vu que le secrétaire remplit les chambres, au fur et à mesure des arrivées... J'sais pas si tu comprends XD]
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t124-P-tain-qu-est-ce-que-je-fous-la.htm
Les chatons sont réellement d’adorables créatures. Fragiles et timides. Cela se vérifie d’autant plus quand on les change d’environnement. Quand on les voit se cacher quelques jours sous une table, qu’ils refusent catégoriquement de sortir de là et de se laisser approcher. Et puis tout doucement, ils montrent le bout de leurs moustaches et ils commencent à découvrir ce qui les entoure. Curieux, ils se glissent partout et surtout là où il ne faut pas. Ils sont un peu perdus et mettent du temps à dompter leur environnement. Mais grâce aux caresses et aux encouragements de leurs maîtres, ils finissent par s’habituer. C’est que les chatons demandent beaucoup d’affection !
C’était peut-être ce qu’il manquait encore à Kurt pour se faire à son nouvel environnement. Après tout il n’était pas à Tadashi Daigaku depuis longtemps, il avait encore le temps de s’y faire. Mais en deux semaines de temps, il avait déjà réussi à se perdre une bonne cinquantaine de fois. Oui, oui, vous avez bien lu : une bonne cinquantaine de fois. Plusieurs fois, il avait même fini par dormir dans un couloir, lové dans un coin sombre, trop épuisé pour continuer à chercher sa chambre. Kurt était un chaton jusqu’au bout des ongles et délicat comme il était, il se fatiguait vite, se couchait tôt. Une fois, il était tombé sur la réception et malgré sa timidité, il avait eu le courage de demander un plan. Malgré tout, il continuait à se perdre de temps en temps. Mais heureusement pour lui, ça devenait de plus en plus rare.
Et sa timidité d’ailleurs, était pour lui un obstacle de taille pour réussir à s’intégrer. Il n’était plus habitué aux gens après tant d’années de ‘captivité’ et en voir autant d’un coup, devoir vivre avec eux au jour le jour, était pour lui une véritable épreuve. Il ne parlait à personne, restait dans son coin avec son air de chaton délicat et perdu. On pouvait se demander ce qu’il faisait dans cet établissement pour délinquants. Quelques-uns avaient essayé de lui parler, il avait timidement répondu en rougissant, avant que la conversation ne coupe court parce qu’il n’y mettait vraiment pas du sien. Bien évidemment, il avait aussi subi les provocations et les bousculades de certains camarades. Et le chaton se laissait bousculer sans rien dire. Il n’avait pas la force de se défendre et il ne voulait pas s’attirer de problème.
Parce que malgré tout, même si ça ne se voyait pas, même si pour le moment il était effrayé par la nouveauté, Kurt aimait être là. Sans s’en rendre compte, le père du chaton lui avait offert le plus beau cadeau du monde. Il pouvait enfin être libre, sans risquer de tuer quelqu’un. C’était plutôt bien, non ? Même s’il ne parlait pas, qu’il restait à l’écart, intimidé, il n’était plus tout seul. Et ça, il en était heureux. Il n’était pas encore habitué à vivre en collectivité, voilà tout. Mais ça viendrait, il en était sûr.
Pour le moment il faisait de son mieux pour prendre sa douche aux heures les moins fréquentées, il mangeait dans son coin au réfectoire et il passait tout son temps libre là où il était sûr qu’il ne croiserait personne. Il avait trouvé cet endroit sur le plan et il avait passé une longue journée à le chercher. Il savait qu’il n’y trouverait personne parce que ce n’était pas vraiment un lieu où les étudiants aimaient se rendre après les cours. Les jeunes gens normaux préféraient se réunir à la salle commune, dans le parc ou même essayer de s’introduire dans le bar réservé aux professeurs. Si, si, il en avait vu ! Mais Kurt lui, avait trouvé refuge… Au laboratoire de chimie. Personne ne venait le déranger ici et surtout, il pouvait travailler en paix.
Le jeune parfumeur venait de quitter son cours d’histoire, une matière qui ne l’intéressait pas grandement mais qu’il suivait avec application, comme les autres matières. Il s’était rapidement extirpé de la foule des élèves heureux que les cours soient terminés, pour rentrer à sa chambre. Près de son bureau, une petite valise à roulettes l’attendait déjà. Il en empoigna la poignée et déjà, il était ressorti pour rejoindre son laboratoire. D’une main il tenait la valise, de l’autre le plan de Tadashi Daigaku, où son trajet était mis en évidence par une trace de surligneur vert. Il avait tellement envie de travailler qu’il ne se perdit pas.
Il poussa la porte de son domaine et inspira profondément. Ici il se sentait bien. Toute la nervosité qu’il ressentait en compagnie de ses camarades s’envolait et il pouvait être plus naturel. Il referma la porte et s’avança vers sa paillasse préférée, d’où il avait la meilleure vue sur le parc. Il posa la valise sur la paillasse voisine et l’ouvrit. Elle recelait son trésor le plus précieux, qui méritait bien tout le soin et les précautions qu’il déployait pour lui. Ses doigts se glissèrent sur quelques fioles avec un sourire heureux. Cette valise était le coffre protecteur de son orgue à parfums. Il enfila sa blouse blanche, grimpa sur un tabouret haut, chercha son carnet et son stylo dans son sac en bandoulière. Et il commença son travail. Sortant fioles après fioles, les humant avec délicatesse, couvrant son cahier de sa fine écriture au fur et à mesure que les idées affluaient. Il était dans son élément et de l’extérieur il semblait aussi sérieux qu’extrêmement heureux. Et surtout, totalement dans sa bulle…
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t123-Un-Chaton-solitaire-PV-Hen-Ziel-Pao.htm
« - Tiens mon chou prend ça….tu n’as vraiment rien de mettable dans tes affaires heureusement que j’y ai pensé je t’ai emmené des trucs… !
- Hoshi t’es pas…sérieux ? C’est horrible ça m’ira jamais un truc pareil.
- Fait pas ta mauvaise tête veux tu….on dirait un enfant ! J’ose te rappeler que tu n’en ais plus un et que cette tenu est justement plus adapté pour ton boulot…
- Ah ouais ? … je suis sensé te remercier….je te déteste !
- Mais moi je t’aime et je sais que tu m’aimes aussi ! »
Maudit Hoshi va, il avait finit par le convaincre de porter ce truc. Il n’était guère a l’aise. Son jean était trop serré comparé a ses baggys habituels, ses chaussures vernis noir trop ridicule et cette chemise trop sérieuse. Il avait beau aimer Hoshi, là il doutait sérieusement que son chéri ait eu une bonne idée. Parait il que les gens dans cet établissement était sommes toutes assez gentil et que l’endroit était charmant. Shin n’avait jamais vu Hoshi aussi ravi et enthousiaste. Etait ce ça qui l’avait convaincu de venir ? Dans tous les cas il était hors de question qu’il reste affublé de cette manière ! C’était de bien trop…ridicule oui ! Il avait l’impression d’être déguisé. Il allait rester comme ça juste le temps de prendre ses fonctions et cet accoutrement irait ensuite a la poubelle !
Le jeune homme était plus que nerveux et n’osait pas rentrer. Oui une heure qu’il hésitait, passait une main dans ses cheveux trop bien coiffé, qu’il maudissait Hoshi et son charme. C’était a cause du fameux charme d’Hoshi qu’il se retrouvait là, qu’est ce qu’il l’aimait, y avait pas à dire. Peut être leur relation allait elle revenir comme au bon vieux temps ? Quoi qu’elle lui convenait aussi comme ça. Coucher ensemble quand ils en avaient envie, quand ils étaient tous les deux libres. Mais bon si lui venait encore une fois de ce faire larguer par son compagnon, il parait que son chéri en avait trouvé un ici. Bien sur ça aurait été étonnant qu’il reste célibataire en y réfléchissant, tout comme cela serait étonnant si cette relation dure dans le temps. Shin pourrait le consoler quand elle sera terminée comme ça remarque. Enfin pour ça faudrait qu’il se décide à rentrer. Il poussa un long soupir, tritura les manches de sa chemise et prenant son courage a deux mains passa enfin les grilles de Tadashi Daigaku. Direction le hall maintenant !
Tout en marchant vers le bâtiment il observa le parc. Bel endroit en effet. Mais il n’était pas un élève qui en profiterait vraiment. C’était dommage qu’il ne soit pas élève tiens, faire chier les profs, ou faire le plus de bêtise possible était une activité très drôle ! Beaucoup plus que d’écouter les cours. C’était un temps très loin pour lui ça, même si il était resté un vrai gamin. Combien d’année qu’il n’avait pas mis les pieds dans une salle de classe ? D’accord au final il n’avait aucun diplôme, exercer aucun métier correct mais sa vie lui plaisait et c’était l’essentiel non ? En parlant de métier correct, il allait justement en exercer un pour la première fois de sa vie : homme à tout faire….Il rentra enfin dans le hall, logiquement Hoshi devait être là pour l’accueillir en bonne étoile qu’il est. Shin avait peut être attendu trois plomb a l’extérieur mais étant arrivé super en avance, au final il était pile poil a l’heure qu’il avait donné a Hoshi.
Etre a l’heure…mot que ce crétin de drogué ne connaissait pas. Shin ne l’avait jamais vu arriver à une heure donnée. Il s’appuya contre le mur en l’attendant. Pour ce premier jour il aurait pu faire un effort franchement. C’était vraiment un idiot ce Hoshi. Il croisa les bras, l’air asocial ce qui fit qu’aucun élève ne vint le voir. Et tant mieux parce qu’il n’aurait pas su quoi leur dire. On entendait ici et là des « Tu sais ou est telle salle ? »
Ah oui, c’était la rentrée et les nouveaux ne connaissaient pas les lieux. Lui non plus et Hoshi qui n’arrivait pas. Qu’était il sensé faire ? Aller au secrétariat peut être ? Il voyait beaucoup de gens entrer et sortir du secrétariat. Il s’approcha décroisant ses bras , après tout ici on pourrait le renseigner pour lui dire ou était sa chambre et tout puisque l’autre incapable n’était pas là. Qu’il ne compte pas sur lui quand il aurait besoin d’aide surtout ! Esperons que le secrétaire ne morde pas.
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t122-Bien-le-bonjour-monsieur-le-secretaire-PV.htm
Nom : * Yuki
Prénom : * Tenshi
Âge : * 20 ans
Sexualité : * Aucune défénie pour l'instant.
Description psychologique : *
Tenshi est quelqu'un de très discret dont on ne remarque pas toujours la présence, Il parle très peu, Il n'est pas muet seulement il ne voit pas l'intérêt de parler pour ne rien dire, Si on lui pose une question il répondra ou non selon son envie et si la personne l'inspire. Ce n'est pas parce qu'il se croit supérieur, non il est juste facilement impressionnable du coup il n'ose pas forcément parler. Il observe beaucoup pour essayer de comprendre ce qui l'entoure et les gens. Avoir sa confiance n'est peut être pas facile mais si on est attentionné envers lui il peut se montrer charmant. Son sourire est toujours léger, très léger. C'est comme ça qu'il montre qu'il est content, il ne rigole jamais même si il peut trouver des choses amusantes. Il ne pleure pas non plus. On pourrait le croire un peu simple d'esprit ( c'est peut être le cas ) mais il n'a pas apprit comme tout le monde a interagir avec les gens, avoir des émotions...ça commence a venir il a beaucoup appris avec Sakae. Il ne connait pas l'amour et n'a jamais eu d'attirance. En fait Tenshi est comme un enfant qui apprend malgré son age. Mais cela dit vu qu'il n'est pas grand ni rien ça va ensemble....Il a envie de découvrir tout ce qui l'entoure et est d'un naturel très curieux. A priori il n'a peur de rien sauf de la nuit quand il s'allonge et qu'il est seul...ça l'angoisse aller savoir pourquoi, peut être parce qu'il a peur de ne pas se réveiller ?
Description physique : *
A cause de sa maladie, Tenshi n’est bien sur pas un jeune homme grand et fort. Il est d’une taille assez petite, comme il était la plupart du temps allongé ça ne le gènait pas mais quand il est debout il s’en rend compte parce qu’il doit lever les yeux légèrement vers ceux qui l’entoure. Il est mince, très mince. C’est un jeune homme faible affaiblit par le traitement, les médicaments….Sa peau est pâle, très blanche étant donné qu’il n’a quasiment jamais été dehors et que le seul décor qu’il a connu ses dernières années c’est les murs blanc de sa chambre d’hôpital. Son visage garde un air enfantin mais malgré tout de son humble avis il trouve qu’il fait bien quelqu’un de 20 ans…. (Avis très subjectif parce qu'il fait horriblement jeune) . Dans tous les cas sûrement pas plus vieux. Ses yeux sont bridés comme ceux des asiatiques ( logique ) et légèrement bleuté. Des lèvres fines il est quelque peu androgyne. D’ailleurs il est imberbe. Ses cheveux il les a perdu aussi porte il toujours désormais une perruque, et quitte a choisir vu la blancheur de sa peau il a opté pour blond mi long. Il ne s’en rend pas compte mais ça lui donne une certaine grâce quelque peu féminine (On l'a déjà pris pour une fille ce qui lui parait d'ailleurs assez incroyable ) Quand à ce qu’il porte et ben…il n’a pas de vêtement. Il ne se balade pas nu bien sur, mais voilà des années qu’il na pas fait de shopping pour avoir des vêtements a sa taille…et très honnêtement cela lui aurait servi a rien, a l’hôpital il avait une espèce de chemise bleu pas très belle….et un pantalon, bleu aussi. A sa sortie on lui avait donné un jean et un t-shirt. Sakae en prenant soin de lui lui a offert des trucs plus portable, ce qu'il préfère c'est les kimonos parce qu'il trouve qu'on est vraiment a l'aise dedans et puis surtout c'est très joli. Il aime la soie parce que c'est doux et léger....donc on pourrait dire qu'il porte des kimonos et rarement des pantalons mais il en a quand même!
Passé : *
Tenshi est né dans une famille qui avait déjà un enfant, il a un jumeau. Il avait une super famille, entre sa grande sœur son jumeau et ses parents c’était un enfant heureux .Et puis son jumeau c’était sa moitié, l’un sans l’autre ce n’était pas possible. L’un était malade l’autre tombait malade a son tour. Pas de problème particulier, ses parents avaient un bon niveau de vie, les enfants ne souffraient de rien, ils n’étaient pas pourris gâté non juste ce qui faut….on aurait pu dire que c’était une famille parfaite …. Mais la famille parfaite n’existe pas c’est bien connu. Tenshi tomba malade, au début ce n’était pas encore très grave, et puis au fur et à mesure qu’il grandissait la maladie évoluait. Tenshi était atteint d’une leucémie, les chimiothérapies étaient assez dur à vivre, surtout qu’il perdit le soutient de sa famille, ses parents au début le soutenait mais quand il fallu l’emmener constamment à l’hôpital, ils finirent par abandonner, ils avaient perdu tout espoir de guérison pour leur fils et refusant de s’attacher plus ils le laissèrent à son sort dans sa chambre d’hospitalisé. La seule chose qu’ils firent pour lui ce fut de continuer à payer les opérations. Le pire pour lui fut de perdre sa moitié…..sans son jumeau il avait l’impression qu’une partie de son cœur avait été arrachée. Une sensation assez horrible, son jumeau allait il bien ou mal ? Pour une fois il n’en savait rien, ne ressentait rien…..rien qu’un vide…
Dans sa chambre stérilisé, il ne voyait pas beaucoup de monde, lui-même n’avait plus l’envie de ce battre….pourtant il restait vivant, très faible avec de nombreuses rechute mais vivant. Les jours n’avaient plus de signification pour lui, il oublia peu à peu son passé, ses quelque souvenirs de la vrai vie, de sa famille qu’il ne voyait plus. Tout ce qu’il connaissait c’était le mur blanc de l’hôpital, les infirmiers et d’autres jeunes comme lui qu’il croisait de temps en temps. Il perdit la parole, il n’était pas muet mais il n’avait simplement plus envie de parler…. Il n’oublia pas son jumeau mais il avait beau résisté son visage s’effaçait malgré tout peu à peu de sa mémoire…..ne restait plus que le nom de sa moitié…un simple nom, cette vie le déprimait mais il n’avait plus de larmes….juste à attendre que la mort l’emporte un jour !
Tout ce qu’il connaissait de dehors, c’était ce qu’il voyait par la fenêtre. Même les médecins étaient persuadés que ce n’était qu’une question de temps et qu’il allait mourir. A croire que tout le monde le laissait tomber. Il se posait énormément de question au début mais à force il était devenu vide, plus un sourire n’éclairait son visage même quand l’infirmière tentait la blague du jour. Il regardait par la fenêtre et il rêvait, rêvait de connaître l’au dehors. Il n’avait pas grand-chose à faire de ses journées, avant il avait encore le droit de sortir dans le parc de l’hôpital mais maintenant cela lui était interdit, il devait rester dans sa bulle stérile. Si jeune et ne rien connaître de la vie….Il lisait énormément il n’avait que ça à faire, et suivait ses études. La mort elle viendrait il fallait bien s’occuper en attendant…et l’imagination était très importante, elle permettait de fuir la réalité, de s’inventer un autre monde….
Il avait développé une passion : le dessin. Il dessinait à longueur de journée quand il en avait la force, il dessinait ce qu’il imaginait , comment c’était dehors…..Tout ce qui pouvait lui passer par la tête il le peignait. C’était presque son unique raison de vivre le dessin, son seul moyen d’expression. Il peignait des couleurs, beaucoup couleur, mais a travers ses toiles on percevait un sentiment de profonde solitude, de vide…..
Il allait avoir 18 ans et le miracle eu lieu, il commençait à aller de mieux en mieux, toujours sous très haute surveillance, on avait peine à y croire mais la maladie semblait enfin avoir été vaincu à force de traitement . Il pu marcher de nouveau, il était très faible et encore très maigre mais sa allait quand même malgré tout mieux. Reprenant espoir il fit son maximum pour se rétablir le plus vite possible. Il lui fallut un an pour réussir à se remettre, reprendre du poids…
Ses parents ne vinrent même pas le chercher à sa sortie de l’hôpital, de toute manière il ne se souvenait pas de leur visage. Ils avaient été avertis de sa guérison miraculeuse bien sur, mais sans doute trouvaient ils leur vie mieux sans lui. Il était un peu triste au fond de lui mais qu’importe, ils lui avaient trouvé une école où il pourrait continuer ses études entourées d’autres jeunes de son âge. Il eut un maigre sourire en préparant sa valise, il était dehors….ce monde qu’il allait enfin pouvoir connaître pour de vrai autrement que par des livres….Il ne connaissait rien à l’amitié, rien à l’amour mais il apprendrait il en était certain.
Il appela un taxi et tout en regardant le paysage défiler par la fenêtre il se surprit à sourire. Oui il était heureux, réellement heureux…..Il avait envie de rire, de danser, de s’amuser….Il avait encore des médicaments bien sur, et devrait voir le médecin dès son arrivé mais qu’importe ce n’était rien comparé à toutes ses années allongés dans un lit entouré de martiens blanc, il allait enfin voir des ‘vrais gens normaux’….
C’était trop beau pour être vrai il faut croire, Tenshi était tellement heureux qu’il courait d’un endroit à l’autre, il ne voulait pas de son école, il voulait connaître le monde, avec un sentiment d’urgence. Comme si il n’avait pas le temps, comme si un malheur allait arriver. Sa guérison il n’y croyait pas. Il était persuadé qu’elle annonçait un malheur plus grand. Aussi il prenait le train, sans papier, il se cachait, faisait du stop…Il alla loin comme ça. Il voulait voir la mer, les montagnes….Il voulait tout voir. Il s’en sortait plutôt bien d’ailleurs, grâce a sa taille fine, il avait réussi a acquérir une certaine agilité non sans mal d’ailleurs, et il n’était certes pas un pro mais ça suffisait pour qu’il ne se fasse pas prendre.
Et puis sans doute ce qu’il pressentait devait arriver. Cela dépassait son imagination et la scène avait l’air de sortir tout droit d’un film. Il ne savait pas trop ou il se trouvait ni comment il avait fait pour arriver là mais une chose est sur ce qui se passait sous ses yeux était bien réel. Il y avait des gens qui se faisait tuer, des cris...des menaces. Tenshi n’y comprenait rien. Et son instinct avait beau lui dire de fuir il restait paralyser sur place a regarder. Personne ne semblait encore avoir remarqué sa présence. Il regarde un homme se faire torturer puis égorgé après avoir parlé….La scène semblait être finie, les tueurs prêts à partir, et lui regardait tout ce sang….il pouvait encore se cacher mais il ne bougeait pas, son regard croisa celui qui semblait être le chef. Quelqu’un ayant assister a une telle chose pouvait il survivre….Il semblait bien que non, son regard perdu dans celui de l’homme il ne se passait rien. Les hommes semblaient attendre un ordre de la part de leur chef mais rien ne venait.
« On embarque la demoiselle… »
Quelle demoiselle ? Il n’eut pas le temps de se demander de qui il parlait qu’on le prit de manière assez violente, on lui banda les yeux et il fut emmené. Le trajet lui sembla interminable, il se demandait de quelle manière on le tuerait. C’était plus glorieux que de mourir tuer par une leucémie…il fallait qu’il se défende, c’était un homme non ? Contrairement a ce qu’on pouvait croire. On le fit marcher puis s’asseoir. Enfin on lui enleva son bandage et il put voir ou il se trouvait. Une simple pièce, avec un bureau et le chef qui le regardait en fumant une clope.
« Qui es tu ?Que faisais tu la bas ?
-…. »
Le fait qu’il ne réponde pas aux question aurait pu énerver le chef et ne pas arranger son cas. Mais peut être son air si innocent lui plut et il fut épargné. L’homme se nommait Sakae , sûrement pas son vrai nom mais Tenshi trouvait que cela lui allait bien. Il passait ses nuits avec ( Je tiens a préciser qu’il ne faisait que dormir ) et la journée il l’observait sans rien dire essayant de comprendre qui était ses gens. Au début sa présence dérangeait le groupe mais ils finirent par s’y habituer. Tenshi finit par comprendre que ses gens étaient des terroristes. Du moins c’est comme ça qu’il les voyait. Est-ce que les gens qu’ils tuaient méritaient vraiment de mourir, n’avaient ils pas des familles ? Il se posait beaucoup de question, parfois Sakae l’emmenait et il devait rester dans la voiture a l’attendre. Il aimait bien Sakae, l’homme prenait soin de lui, il lui avait même trouver des médicaments dieu sait comment.
Un soir où il attendait dans la voiture en compagnie d’un autre, il regardait l’heure avec impatience. Il savait que se soir se jouait un gros coup, risqué et dangereux, cela faisait des mois qu’ils le préparaient. Mais si il était impatient c’est surtout qu’avant de partir Sakae l’avait embrassé. Tenshi se touchait régulièrement les lèvres avec un léger sourire tout en observant l’heure. C’était étrange, oh ce n’était pas désagréable mais quand même….il se demandait ce que cela pouvait bien signifier. L’heure tournait, étrange il aurait déjà du être de retour. Le chauffeur semblait se poser la même question et guettait nerveusement les alentours. Il voulu partir mais Tenshi l’en empêcha, il fallait attendre Sakae ! Une erreur bien sur, si personne ne revenait c’est que ça c’était mal passé…La police finit par arriver et encercla la voiture…ou peut être était ce le FBI. Tenshi fut séparé des autres complice et emmené seul dans une salle.
Il avait le cœur serré, assis sur cette chaise dans cette pièce…menottés…tout ça lui faisait peur. Il n’avait rien fait, mais il ne dirait rien…L’interrogatoire commença et les lèvres de Tenshi restait close, il n’écoutait pas les questions même quand on le frappait, c’était permis ça de frapper les suspects ? Pourquoi n’avait il pas d’avocat ? Il finit par murmurer.
« Ou est Sakae ?… »
On refusa de lui répondre. Il finit par avoir un avocat, on n’avait pas de preuve contre lui réelle, a part qu’il était complice…savait forcément des choses, il n’avait a priori participé a aucune action de près….Ce qui était vrai après tout…. Malgré tout on ne pouvait pas le relâcher non plus, c’était un suspect…. Son cas embêtait sérieusement les inspecteurs qui n’arrivaient pas a comprendre ce qu’il foutait là. Il faisait terriblement gamin, peut être était ce un otage ? En même temps vu sa question il connaissait le chef donc il faisait partie de la bande comme quoi fallait pas se fier aux apparences. Du coup ils décidèrent de l’envoyer dans un établissement sous surveillance. Tenshi lui ne comprenait rien, il ne savait rien de la vie que ce qu'il avait pu voir au cours de sa sortie et lu dans les livres....tout se passait vite et il n'avait pas vraiment eu le temps d'analyser tout ce qui lui était arrivé. En cellule il y avait beaucoup réfléchi....il avait même repensé a son jumeau.....toute ses choses qui lui échappait....il était encore vivant c'était l'essentiel remarque....et il allait connaitre surement un nouveau genre de vie....il espérait juste que les gens serait gentil avec lui, comme Sakae....il aimait bien qu'on prenne soin de lui. Et puis il parait que la bas il pourrait de nouveau reprendre sa passion, le dessin.
Rang : * Pensionnaire arts
Code : CODE BON
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t121-Tenshi-Yuki.htm
Un cri plus fort que les autres, juste sous la fenêtre, semble le déranger. Il se lève, abandonne donc son roman sur l'accoudoir de son fauteuil, et vient refermer la fenêtre. Sans prendre le temps de s'y pencher un peu, pour savoir qui criait. C'est pourtant un réflexe, quelque chose de naturel. Mais lui, il ne veut pas être remarqué. C'est une ombre. Qui se rassoit dans son fauteuil. Qui reprend sa lecture. La même position. Une page, après l'autre. Il est dans son monde.
Deux garçons de son âge pénètrent dans la salle commune. Il relève enfin le visage. Deux billes, d'un bleu électrique, éclatant, se posent sur les adolescents. Il surveille, une menace, un ennemi, potentiels. Mais les intrus ne le remarquent même pas. Je vous l'ai dit, c'est un fantôme. Ils se servent un café, se chahutent un peu. Gamin, pense l'ombre. Et puis, ils s'en vont. Comme ils sont venus. L'adolescent se détend progressivement. Pourquoi n'est-il pas resté dans sa chambre ? Il parait avoir si peur du monde extérieur... Tout simplement qu'il avait besoin d'un peu de lumière, d'espace. Sa peau est aussi blanche que du lait, il a déjà des rides au coin des yeux. Il est si fragile. Un frôlement pourrait l'effeuiller. Il baisse la tête. Repose les yeux sur les lignes qui noircissent les pages. L'univers du roman l'appelle à lui.
Les heures passent. La nuit tombe. Le silence s'ensuit. Les élèves sont rentrés. Ils ont diné. La faim n'a pas tiraillé notre fantôme. Cela fait longtemps qu'il ne ressent plus ce manque. La soif, au contraire, a craquelé ses lèvres. Il n'a pas pris la peine de les humidifier. Les couloirs se vident, eux aussi. Le brouhaha se fait un temps derrière la porte. Mais personne n'entre. Personne ne fait attention à lui. Lui-même ne fait pas attention à l'heure. Leur couvre-feu est passé. Le fantôme commence à somnoler. Cela fait deux nuits qu'il n'a pas dormi. Il se punit. Voilà, vous venez de comprendre. Il jeûne depuis des mois, s'empêche de dormir, ne se lie pas d'amitié, agace ses camarades. La faim l'a abandonné, a baissé les bras, son corps ne réclame. Le sommeil le prend parfois, enfin, ainsi, il ne pense plus. Quels amis ? Pourquoi faire ? La seule personne qui compte pour lui est à des kilomètres...
Cela peut changer ! Lui souffle une petite voix. Son instinct. Qu'il se permet d'écouter, parfois. Il aimerait... Relever la tête, se tenir à nouveau droit, sourire à quelqu'un... Quelqu'un. Il lui manque quelque chose. D'important. Un détail, qu'il va devoir régler. S'il se trouve... Un amant. Je vais trouver... Un homme, capable de lui servir de couverture. Ne ne pas lui poser de question. Juste une fois... Il le faut... Il le sait. Le fantôme referme son roman. Il n'a plus la tête à cela. Alors son regard se pose sur la fenêtre. Il observe la nuit, la laisse l'engloutir. Il a un fragile sourire. Ses lèvres meurtries par la soif lui font mal. Alors sa langue les redécouvre. Les rend rouges, si rouges. Magnifique contraste avec sa peau blanche, si blanche...
Les jambes croisées, le dos droit, les mains posées sur son livre, le regard fixé sur l'extérieur, Zillah De Saccales est d'une beauté angélique, qu'il ne soupçonne même pas.
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t120-Et-s-il-cessait-de-pleuvoir-sur-mon-coeur.htm
Prénom : Adam
Surnoms : Sven, l’albinos…
Âge : 19
Sexualité : Homosexuelle
Description psychologique :
Selon les psychologues de la police, Adam a le profil type du futur tueur en série, sociopathe, manipulateur et sadique, il parait pourtant au premier abord charmant , extrêmement bien élevé, gentil et serviable même avec son fauteuil.
Cependant tout cette sympathie se révèle en fait être une façade de charme, servant a manipuler les gens qui l’entoure, ainsi il contrôle en permance tout son environnement, il est aussi très maniaque, tout chose étant plié et rangé selon un ordre extrêmement précis.
En définitive Adam est quelqu’un dont on doit ce méfier, réellement dangereux malgré son handicap.
Description physique :
Adam est fluet, cet aspect renforcé bien entendu par le fait qu’il se déplace en fauteuil roulant, de plus son teint pale, ses yeux très bleu et ses cheveux blanc, il ne risque de s’imposer par son physique.
Cependant son regard est glacial du a leur couleur clair d’une part mais aussi du a sa nature profonde de prédateur.
Si certes il n’en impose pas, il est cependant assez charismatique, sa condition d’albinos l’y aidant, mais aussi grâce a la finesse de son visage, et son sens innée du style vestimentaire, d’ailleurs vous ne verrez jamais le moindre faux pli sur ses affaires il ne supporte tout simplement pas sa.
Passé :
Adam Svensson est née il y a maintenant 18 ans a Harstad, ville principale d’une ile au nord de la Norvège, faisant le grand bonheur de ses parents, un couple d’artiste idéaliste, qui avait décide de vivre de façon la plus naturelle possible.
Mais leur bonheur fut de courte durée, Adam né albinos, donc extrêmement sensible au soleil eu quelque difficultés a s’adapter au climat de cette proche du cercle arctique, il fut souvent malade, coup de chaud, insolation et brulure pendant les 6 mois de jour quasi-permanent et pneumonie et autre pendant les 6 mois de presque nuit. Néanmoins les premières années de sa vie furent heureuses, ses parents prenant grand soin de ce petit garçon tant attendu.
Bien que régulièrement chez le médecin, rien ne laissait croire qu’une maladie allait bientôt le priver de l’usage de ses jambes, en plus de sa santé fragile, il fus découvert à l’âge de 5 ans que le petit Adam souffrait d’une fibrodysplasie ossifiante progressive dit la maladie de l’homme de pierre.
A cette nouvelle ces parents jusqu’ici parfait en apparence, prirent une décision surprenante, il abandonnèrent leurs enfants sur le bord d’une route menant a Oslo.
Cet abandon marqua profondément Adam, qui passa quelque semaines livrer a lui-même avant d’être recueilli par la police et confier au services sociaux.
Ainsi commença le long défilé des familles d’accueil, car en plus d’avoir a gérer une maladie incurable, il devait avoir a faire a un enfant devant apprendre a ce construire avec le souvenir conscient de son abandon, de fait bien que suivi par des psychiatres il développa une maniaquerie frôlant la folie, il faisait des crises énormes pour le moindre objet déplacer ou le moindre pli sur ses vêtements. Son abandon provoqua aussi l’émergence d’un sadisme certain lié a un rejet de l’humanité et particulièrement des femmes mais aussi de sa propre humanité.
Il réussi cependant à berner ses psychiatres, les manipulant avec un plaisir non dissimulé.
Vers l’âge de 16 ans, ses jambes commencèrent a être sérieusement atteinte par sa maladie, réduisant drastiquement sa mobilité, il réussi cependant a faire une fugue, retournant dans le foyer de ses parents naturels, dont l’adresse lui avait été donnée par une assistante sociale totalement tombé sous son charme.
Une fois de retour chez lui il fut accueilli par des sourires faux et des conversations hypocrites, selon ses propres dires.
Restant chez eux quelque jour, il mis au point un plan implacable pour se venger d’eux, ce plan se traduisant par la mise en place d’une pression psychologique extrêmement forte pour aboutir a une journée de torture des plus sanglante, laissant ses parents atrocement blessé dans leur chair et blessé dans leur âme, il d’ailleurs reçu dernièrement une lettre lui annonçant leur internement en hôpital psychiatrique, ceci lui permettant d’hériter de leur bien, car il venait de fêter sa majorité, et ainsi de fuir dans un pays qui le faisait rêver, le Japon.
Il réussi a s’y installer, mais ne pouvant travailler, puisque depuis son arrivé sa maladie l’oblige a se déplacer en fauteuil roulant, vivant grâce a son assurance invalidité, de fait cela lui permis de continuer sa formation en médecine expérimentale entamer en Norvège. Mais il fut rattrapé il y a peu par les forces de l’ordre suite a de nombreuses plaintes pour disparition d’animaux domestiques. Usant une fois de plus de son charme sur le juges et les jurées, il s’en tira avec seulement 1 ans a passer a Tadashi Daigaku, une maison de redressement.
Signe particulier : Il se déplace en fauteuil roulant
Rang : Pensionnaire département sciences
Musique de votre personnage :
http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=40144&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0
Code : CODE BON
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t119-Adam-Svensson.htm
Prénom : Zaraïn.
Surnoms : Zara, Sweeten.
Âge : 17 ans.
Sexualité : Homosexuel.
Description psychologique : Tétu, sale gosse, gueule d'ange. On ne lui résiste que rarement. Et il aime jouer des tours, toujours parvenir à ses fins. Il est fier, et volontaire, on ne peut nier qu'il a de bonnes idées, ce qui fait de lui un bon leader. Tout au contraire, sa candeur pousse à le protéger. Il réclame plus d'amour que de loyauté. Il a besoin d'être aimé. Être étouffé par amour, voilà son désir le plus cher... Il a tendance à prendre la défense de ceux qu'il aime, et de toujours sans sortir sans une équimose. Je pourrais parler des heures de sa maladie, qui fait partie intégrante de sa psychologie, vu que sa vie tourne autour de la prédiction de ses crises d'informations, mais ça se résume bien en peu de mots : Il en a été fier pendant quelques années, mais à présent, à cause de la mort d'Heaven, ça le fait chier.
Description physique : Il a ce sourire délicat et doux, hérité de son paternel, qui donne envie de lui offrir la Terre, le Ciel et les Etoiles. Ce petit air espiègle qui ont fait craquer plus d'un garçon. Les cheveux roux comme son père. Il n'était pas très grand, à peine un petit mètre soixante-deux. Et franchement, chétif, avec ses quarante-neuf kilos. Mais jusque là, il n'a pas eu l'utilité d'avoir des muscles. Et n'a jamais vraiment faim. Les yeux d'un joli bleu, caché par ses lunettes d'aviateur, qu'il a gagné un soir, au mah-jong. Il aime les vêtements larges, pour être à l'aise. Et puis, c'est plus facile pour cacher sa couleur de cheveux ou s'enfuir et se cacher dans un coin. Il porte actuellement le deuil, alors le noir est le principal de sa gard-robe, mais sincèrement, le bleu et le pourpre sont ses couleurs favorites. Un jean, un t-shirt, un sweat large et des basket, voilà les fringues qui le caractérisent le mieux.
Passé : Zarain Muvo est né à Tokyo, il y a 17 ans. Son père, Seta Muvo, était directeur d'une fabrique de jouets. Un rouquin, à la mine sévère, pour cacher qu'il avait le sourire facile. Sa mére, Ania Muvo, née Watson, était l'une de ces pom-pom girls adulées de toute son université, qui avait fait de longues études, avant d'épouser Seta, puis de s'occuper de leur unique enfant, Zarain. Gosse facile, sage, intelligent. Malade. Il souffre d'une inhibition à basse latence. Cela l'a traumatisé pendant plusieurs années. Puis, on trouva un traitement, à prendre régulièrement, pour éviter les crises d'information, où son cerveau lui semble exploser. Sinon, son enfance fut plutôt banale.
Jusqu'à l'année de ses 9 ans.
Un soir, deux types débarquèrent pour rompre le train train quotidien de la petite famille. Ils parlaient d'argent, de détournements, de marchandises. Sa mère cria, lorsqu'une balle se logea dans la tête de Seta. Elle resserra ses bras sur Zarain. Lui était détaché de tout, il ne ressentait plus rien. Il parvenait à calculer le rythme effréné du cœur de sa mère. La vitesse du tir qui tua son père, puis sa mère. La longueur du couteau qui lui trancha la gorge. Un voisin découvrit le carnage, après avoir vu deux hommes quittés précipitamment la maison. La police fut appelée. Une ambulance débarqua. Ses parents étaient morts, mais on tenta de sauver Zarain. On recousit sa plaie, bon gré, mal gré, le mit sous respirateur. Mais rien. Il fut déclaré mort. Et étant la victime d'un acte criminel, il faillit être autopsié.
"Faillit", parce qu'allongé sur la table, en attente d'être ouvert, étudié, il se réveilla. Son cœur carbura d'un coup dans sa poitrine, ses poumons se remplirent d'air. Il ouvrit les yeux. La douleur fusa dans son corps. Et l'instinct prit le pas sur sa raison. Il chopa une blouse blanche, pendue et abandonnée là. Et quitta les lieux après avoir croisé de vrais cadavres, attendant leur tour de passer sur le billard. Personne ne se soucia de la disparition de son corps. Lui s'écroula dans une ruelle, terrifié, blessé, frigorifié.
Heaven le trouva. Heaven était plus âgé, et c'était l'un de ces milliers de gosses des rues, errant dans Tokyo. On ne s'intéressait à eux, que lorsqu'ils volaient pour survivre. Et même, dès qu'ils disparaissaient au coin d'une ruelle, ils n'avaient plus d'importance. Heaven l'aida. Pour rien. Il l'habilla, le nourrit, lui apprit la vie. Il parvint même à pactiser avec un médecin à la noire, pour que cette horrible plaie, soit soignée régulièrement. C'était mieux que rien. Zarain Muvo n'exista plus. Sweeten naquit. Ils étaient une vingtaine de gosses, à compter les uns sur les autres. Et ils s'en sortaient plutôt bien. Sweet était heureux. Il n'eut même pas à faire le deuil de ses parents.
Il réclama l'attention d'Heaven, de son Nii-san et l'obtint sans difficulté. Le plus âgé le dépucela. Et ce n'est pas mentir que de dire qu'ils se sont aimés. Oh la fidélité n'avait pas beaucoup d'importance. Mais ils n'allaient pas vraiment voir ailleurs. Et puis, du moment où l'adorable rouquin se savait et se sentait aimer, alors tout lui allait. Il était heureux. Il n'y avait pas de règles, pas de problèmes. Il découvrit l'alcool, un petit peu la drogue. Et le sexe faisait passer le temps.
Même sa maladie lui fut utile. Doucement, à devoir supporter les crises, Sweet avait appris, pas à les maitriser, mais à les prévoir. Et donc à s'en servir. Ce n'était pas difficile pour lui, qui pouvait détailler le mécanisme complexe et dans ses moindres détails, d'un ordinateur, de remarquer et d'éteindre les alarmes. La petite bande visa un peu plus haut. Des lecteurs de DVD, des jeux vidéos, des consoles. De quoi revendre et survivre. Heaven n'utilisa jamais cet argent commun pour se payer sa drogue. Et Sweet était fier de servir à quelque chose.
Jusqu'à ce que ça dérape. A cause du garçon. Qui oublia une alarme, une minuscule alarme. Ils étaient six sur ce coup. Les flics débarquèrent. Les adolescents paniquèrent. Voulurent fuir. Nana, Pocket, Sano et Snake y parvinrent. Les flics tirèrent. Heaven fut touché. Sweeten oublia même pas le besoin de s'enfuir. Il se jeta sur le corps aimé. Serra sa main. De nouveau détaché de tout, comme lors de la mort de ses parents. Heaven sembla lui sourire. Et puis, rendit son dernier souffle.
Sweeten fut amené au commissariat. Interrogatoire. La femme qui l'interrogea fut très gentille. Lui avait envie de pleurer, il voulait qu'on lui foute la paix. Il avait perdu Heaven. Il avait tué Heaven, c'était de sa faute, à lui. Il coopéra plus ou moins, acceptant de donner son véritable nom, qu'il n'utilisait plus depuis bientôt 8 ans. On découvrit sa "disparition". Qu'il était à la tête d'une riche fortune, qui hibernait depuis des années. On lui donna un avocat, le juge fut bizarrement clément. Quatre ans à Tadashi Daigaku. Voilà ce à quoi il eut droit.
Signe particulier : Une large cicatrice lui barre la gorge.
Rang : Pensionnaire du département des sciences.
Code : CODE BON
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t118-Zarain-Muvo.htm
Nom : Mizushiro.
Prénom : Jiao.Gou.
Surnoms : Jiao, Ji-chan...
Âge : 17 ans.
Sexualité : Homosexuel.
Description psychologique : Jiao.Gou est clairement un petit con. Pas besoin de se voiler la face. Sous ses apparences angéliques, il a le diable au corps. Dans l'optique de se venger de son père, il a développé un caractère exécrable. Il est devenu autoritaire, fortement opposé à toute sorte d'autorité et il a le chic pour être profondément désagréable. Si quelque chose ne lui plaît pas, il vous le fera savoir, ne vous inquiétez pas, parce qu'il n'a pas sa langue dans sa poche. Il cherche à se faire respecter et à imposer son autorité sur les gens. Ainsi avec ses amants, malgré son apparence frêle, c'est un Seme qui exerce une rare domination, parfois jusqu'à la violence. Alors évidemment quand il n'arrive pas à ses fins, ça le déstabilise. Même s'il est acharné. Mais s'il y a bien quelque chose qui le déstabilise, c'est quand on aborde la musique et le chant. Il ne consulte ses magazines spécialisés qu'en privé et jamais il ne montrera son attachement à ce domaine. Et si jamais quelqu'un le découvre ou en parle, il est fort possible qu'il se mette en colère, comme un animal blessé, avant d'aller déprimer quelque part où on ne le verra pas. Il ne chante plus et il ne chantera plus. Mais son comportement insupportable cache bien des choses...
Description physique :Beaucoup l'on comparé à un Ange, même après qu'il ait arrêté de chanter. Principalement à cause de son côté androgyne. Les Anges n'ont pas de sexe c'est bien connu ! Mais Jiao n'apprécie pas vraiment son physique pour la simple raison qu'il est difficile pour lui d'imposer son autorité avec un air aussi innocent. C'est pourquoi il a développé beaucoup de caractères pour s'imposer. Ses yeux ambrés peuvent vous faire comprendre en un regard qu'il vaut mieux ne pas lui désobéir et son visage impassible et froid vous prouve qu'il ne rigole pas. Sa voix également, même si elle reste plutôt féminine, a développé tout une gamme de ton froids, autoritaires et dissuasifs. Il a aussi beaucoup fait travailler son corps pour palier à son handicap et pour pouvoir asseoir son autorité par la force si c'est nécessaire. Ainsi le jeune homme a finement musclé un corps à la peau de nacre, immaculée, qui tranche avec ses cheveux noirs qui lui tombent sur les yeux. Et avec tout ça, il est tout à fait conscient de son charme, dont il aime user sur les hommes qui l'intéressent. Il n'a pas de style vestimentaire particulier, vu qu'il varie selon l'humeur, mais il ne mettra jamais de manches courtes, afin de cacher l'état de délabrement musculaire et épidermique de son bras, et il adore les cols mao.
Passé :
Gratia plena
Maria, gratia plena
Maria, gratia plena
Ave, ave dominus
Dominus tecum
Benedicta tu in mulieribus
Et benedictus
Et benedictus fructus ventris
Ventris tuae, Jesus.
° Ave Maria °
° Ave Maria °
Mater Dei
Ora pro nobis peccatoribus
Ora pro nobis
Ora, ora pro nobis peccatoribus
Nunc et in hora mortis
Et in hora mortis nostrae
Et in hora mortis nostrae
Et in hora mortis nostrae
° Ave Maria °
La voix d’un Ange emplit le Hong Kong City Hall Concert Hall. Il est seul au milieu de cette gigantesque scène et chaque personne du public peut se l’approprier d’un simple regard. Ça en devient presque malsain. Du voyeurisme. Ils viennent tous pour l’écouter chanter. Pour obtenir eux aussi un petit aperçu du paradis. Pour le commun des mortels, dans les livres de musique, on appelle ça un contre-ténor. Mais pour les magazines, qui ont toujours le chic pour faire rêver le peuple, c’est tout simplement un Ange. Mais après tout, qui peut leur en vouloir ? Il a tout pour tenir le rôle. La voix, bien sûr, mais surtout le physique androgyne de son jeune âge. Il est la petite étoile chinoise du chant lyrique.
Doucement, la voix décline, pour laisser place au silence. Un court instant de silence pour que chacun reprenne pied dans la réalité, pour que chacun réalise ce qui vient de ce passer, pour que chacun retrouve l’usage de son corps. Pour que le silence laisse place à un tonnerre d’applaudissements. Certains se lèvent et tout le monde est charmé. Mais quelque chose vient rompre ce charme. Tout le monde l’a entendu, malgré le bruit assourdissant des applaudissements. Un coup de feu. Un hurlement. La foule commence à s’agiter. Et déjà, plus personne ne fait attention au petit Ange sur la scène. Il est seul, pétrifié. Un second coup de feu. Plus personne ne le regarde maintenant. Plus personne ne s’intéresse à lui. De toute façon, si quelqu’un avait regardé sur la scène… Il aurait vu qu’il n’était plus là.
Ce n’est pas une ambulance qui roule à tombeau ouvert dans les rues de la mégalopole. C’est une voiture noire, aux vitres tintées. D’une grande marque japonaise. A l’arrière, un Ange est évanoui. Son bras est en sang. Il ne bouge plus. Peut-être est-il mort. Après tout, qui s’en soucie ? Certainement pas l’homme qui conduit, il ne le connaît pas. Mais l’homme à qui il l’amène, lui, ça l’intéresse. Il veut l’enfant vivant, c’est pour ça qu’il a fait tout ça. Il veut son fils.
Jiao.Gou masse son bras droit en grimaçant, comme à chaque fois qu’il est contrarié. Assis en tailleur sur son lit, il observe la lune par la fenêtre entrouverte. Il vient de se réveiller en sursaut, à cause de ce cauchemar, récurent. Une salle de concert, un Ange, une balle dans le bras. Il grimace à nouveau. Ne pourra-t-il donc jamais s’en débarrasser ? Et cette horrible musique qui lui vrille la tête…Cette voix… Il secoue la tête pour arrêter d’y penser, ça le rend mélancolique.
Voilà maintenant cinq ans que c’est arrivé. Et cela fait cinq ans qu’on n’a plus entendu la voix de l’Ange de Hong Kong. Personne d’ailleurs, ne sait ce qu’il est devenu. Tout le monde l’a oublié, on l’a même remplacé, par une adorable petite fille qui est concertiste pianiste. Mais Jiao s’en fiche. Enfin, c’est ce qu’il veut faire croire. Il est très doué pour faire croire qu’il déteste la musique, le chant, son passé… Mais quand on fouille sous son lit d’adolescent, on ne trouve pas les traditionnels Playboy, on trouve des magazines spécialisés sur le monde de la musique lyrique. Et tout cela ne fait que nourrir sa haine contre son père.
Chanter, c’était tout sa vie. C’était ce qu’il avait de plus cher au monde. Sa voix était le plus beau cadeau qu’il avait reçu. Chaque jour, chaque minute, chaque seconde, il chantait. Mais après l’accident, sa voix s’était éteinte. Choc psychologique selon les médecins. Et il en avait eu des raisons d’être choqué. A douze ans, il s’était pris une balle de revolver dans le bras droit, qui avait perdu sa sensibilité et une bonne partie de sa mobilité. Mais surtout, son père venait de l’enlever à sa chère mère.
Tout cela était très compliqué dans sa tête de petit garçon. Mais petit à petit, il avait compris. Son père japonais, si autoritaire et violent, l’avait arraché aux bras de sa mère chinoise, si douce et aimante. Ce sale type n’avait pas apprécié que sa femme ose se rebeller contre lui, ose lui arracher son fils. Il ne l’aimait pas tant que ça, son fils, mais c’était le sien. Son héritier.
Jiao passe une main sur son visage en soupirant. Il faut qu’il arrête d’y penser maintenant. Il en fait baver à ce salaud depuis cinq ans avec un comportement déplorable et puis demain, ce sera fini. A côté du jeune homme, un mouvement se fait sentir. Une main se pose sur son bras. Il frémit mais ne peut le retirer avec violence, comme tout à chacun. Une voix masculine endormie monte depuis le creux des draps.
« Jiao, ça va ? »
« Tais toi. »
La voix se tait, comme on le lui a ordonné. Mais toute la nuit, elle va gémir.
Jiao n’a que peu dormi, laissant un amant épuisé dans son lit. Pourtant son visage est aussi imperturbable qu’à l’accoutumée. Par contre, son père qui l’attend à la table du petit déjeuner fait une toute autre tête. Apparemment des cris l’ont empêché de dormir. Etrange n’est-il pas ? Mais ce soir, il va pouvoir dormir. Son fils s’installe à table, une table tellement grande qu’elle pourrait suffire à une quinzaine de convives. Avec un sourire en coin suffisant.
Cela fait cinq ans qu’il lui fait vivre un enfer. Autant les deux premières années, il n’avait pas été trop gênant. Juste muet et renfermé, un peu capricieux. Mais les trois dernières avaient été une horreur. Quand il avait recommencé à parler, il avait aussi recommencé à se faire des amis. Et surtout, les plus mauvaises fréquentations qu’il pouvait. Il faisait même partie d’un genre de gang de jeunes voyous. Il volait, buvait, fumait, se droguait et surtout il se faisait arrêter autant que possible. Pour que son nom apparaisse un maximum dans les journaux. Pour que le nom si connu de son chef d’entreprise de père soit traîné dans la boue.
Et ledit père qui avait ramené son fils de Chine pour qu’il prenne la relève, ne pouvait plus accepter une conduite pareille. Il avait dû décider quelque chose, une méthode radicale. Le pensionnat. Un pensionnat spécial, bien sûr, pas aussi permissif que ceux des lycées ordinaires. Un pensionnat pour les délinquants qui remettrait son fils dans le droit chemin. A sa grande surprise, Jiao l’avait pris comme un cadeau, alors il se méfiait.
« Tes affaires sont dans la voiture ? »
« Hm. »
Le jeune homme pris un café, une pomme, sans regarder son père. Néanmoins il lui glisse une tasse de café, évènement assez rare pour l’étonner. Jiao vide sa tasse d’un trait, la fait claquer sur la table en bois précieux. Il se lève, faisant le plus de bruit possible avec sa chaise et il fait un signe de main désinvolte à son père alors qu’il se détourne.
« D’ailleurs j’y vais. Goodbye. »
Un sourire sadique étire ses lèvres. A peine la voiture avait-elle passé le portail de la maison que Monsieur Mizushiro s’écroula mort sur la table du petit déjeuner. Empoisonné. Etrange n’est-il pas ?
Signe particulier : Son bras droit est marqué par l'impact d'une balle et ses muscles sont atrophiés, sa peau marquée... Il est également insensible et sujet à de gros problèmes de mobilité, mais pas paralysé pour autant.
Rang : Pensionnaire du département des arts.
Musique de votre personnage :
http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=156654&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x00C7F2&autoplay=1
Code : CODE BON
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t117-Jiao-Gou-Mizushiro.htm
Enregistrement 4747 : Archives confidentielles (soumises à l'autorisation spéciale)
Salle d'interrogatoire. Une lumière, électrique, parfaitement dosée, tombe du plafond couvert de néons. Rien de plus moderne. Les murs imitent la pierre, mais sont bien mieux insonorisés. Evidemment. Tous les murs sont identiques : pas noirs, pas gris, non plus. Juste identiques. Il n'y a que celui d'en face qui soit recouvert d'une vitre sans teint. 4747 observe son reflet dans la vitre : reflet grisé par la complexion particulière du plastique. Les habits des prisonniers ne sont plus comme dans le temps : plus de rayures, plus de couleurs vives. Des habits normaux, des habits qui rendent presque invisibles : c'est une petite fierté pour lui, il fait partie de ces prisonniers que l'on transfère en toute discrétion, au milieu de la population, dans les silences feutrés des armes dissimulées, soigneusement rangées. Sans bruit et sans esclandre. Tables en aluminium, chaises en aluminium. Renforcé. Où est-il ?
Dix minutes, vingt minutes, une heure. Deux heures. Deux heures vingt minutes. La porte s'ouvre. Un homme rentre : on dirait un employé de bureau, un secrétaire, un comptable. Costume prêt-à-porter, noir et blanc, classique de chez classique : aucune signe distinctif. Un homme invisible qui porte des armes feutrées, bien dissimulées, soigneusement rangées. 4747 a appris à se méfier des hommes invisibles : il en a beaucoup trop vu pour ne pas savoir ce qu'ils valent. Il sait qu'il y a les gens qui ont l'air commun, comme l'homme, et les gens comme lui. Les gens à l'air commun sont dangereux : ils sont professionnels. Les gens comme lui sont dangereux aussi, mais un peu moins : cela, c'est parce qu'ils sont fous.
Est-il tout à fait fou ? C'est du moins ce que l'on voudrait lui faire croire. De toute façon, quand bien même ne le serait-il pas, un peu d'isolement, encore un peu d'isolement (de la même façon : encore un peu de vin, mais si, allons, reprenez en, c'est un excellent, un excellent, un excellent vin français) suffirait à lui ôter la raison qu'il possède encore. Pas la raison mathématique : raison de travail. Non, cette espèce de colle gluante qui lie les pensées d'un même être en cela : un sujet. Il ne sait presque déjà plus ce que c'est, un sujet, ou bien c'est ce qu'il veut leur faire croire.
L'homme sait qu'il ne se fiera pas à cela. Lui, il est le meilleur interrogateur et le meilleur psychologue du département. Il sait que 4747 a un esprit semblable au répertoire d'un acteur. Il n'a pas peur cependant. Il a connu des psychopathes, des névropathes, des sociopathes. Ce n'est pas un adolescent qui va l'effrayer. Presque un adulte, pourtant. Il sait, il sent, bien, quelque part, que 4747 est beaucoup trop normal pour pouvoir être vraiment tout à fait fou. La frontière, bien sûr, la frontière est un peu floue.
Léger bruit de de papiers. L'homme a sorti un dossier (dossier gris, chemises grises, feuilles intercalaires noires, cordon noir) qu'il a posé sur la table. Il enlève lentement le cordon, avec des gestes mesurés et rythmiques : le temps reparaît mais ne s'étend pas, juste, de la fréquence. La voix de l'homme, monocorde, remplit, méthodique, la pièce, vide.
- Prisonnier 4747, vous êtes actuellement dans un centre de détention de la Central Intelligence Agency, sous le coup des accusations de complot en vue d'actes terroristes à l'encontre de la nation des Etats-Unis d'Amérique. En vertu des Lois sur le terrorisme, vos droits civiques et constitutionnels ont été suspendu. Vous n'avez pas le droit à un avocat. Vous n'avez pas le droit de demander votre extradition. Votre détention préventive ne connaît pas de limites dans le temps. Avez-vous compris vos droits ?
Un sourire ironique naît sur les lèves de 4747. Silence.
- Je suis également habilité à vous signaler que nous sommes autorisés à employer la méthode qui nous paraîtra la plus apte à obtenir de vous les réponses à nos questions. Les entretiens ne sont pas filmés. Avez-vous compris vos droits ?
Hochement de tête de 4747. Silence.
L'homme ouvre le dossier. Il sort une première feuille, un formulaire, encore vide. De la poche intérieure de son costume, il sort un stylo. Premier prix. Stylo noir bon marché, comme il y en a des milliers peut-être dans ce bâtiment. Avec des gestes lents, il ôte le capuchon du stylo, dépose le capuchon à côté du dossier, pose la mine du stylo en haut de la feuille.
- Noms, prénoms.
4747 le regarde fixement. Cela cependant ne l'intimide pas. Il a l'habitude de ce genre de comportements. Il est surpris, peut-être, de trouver chez un individu si jeune une si grande force de caractères déjà, une si évidente connaissance des règles de ce genre de jeux, particuliers, intimes. Comment 4747 en est-il venu là ? Quel a été son parcours ? Malgré les informations éparses quoique nombreuses collectées dans le dossier, l'Homme reste fasciné. C'est peut-être pour cela aussi qu'il fait ce travail : par fascination des grands criminels. De la même manière que l'on devient prêtre en étant fasciné par le Malin.
- Noms, prénoms.
Il le sait déjà. Pure question rhétorique : cela rendre dans les règles du jeu, justement. Il doit le faire parler. Répéter trois fois la question, puis commencer à intimider.
- Noms, pré ...
- Spencer Fitzgerald, William Jonhson. Junior.
C'est la première fois qu'il entend sa voix. Il est surpris. Parce qu'il a répondu si vite. Parce qu'il n'y a pas de défi dans la voix, simplement de la fatigue. Mais, surtout, parce que la voix est encore jeune et, pour la première fois, l'Homme prend conscience que William Jonhson Fitzgerald Spencer Junior est peut-être l'un des plus jeunes prisonniers qu'il ait croisé. Il inscrit les noms sur le dossier.
- Etat civil.
- Veuf.
- Age.
- Vingt ans.
- Orientation sexuelle.
Silence.
- Orientation sexuelle.
Silence.
- Orientation sexuelle.
Silence.
- Monsieur Spencer, je me permets de vous rappeler que ...
Il s'interrompt. William a tendu la main. Une main fine, presque une main d'enfant, presque une main de jeune fille. L'Homme le regarde faire. Un peu fasciné, il est vrai. William tend la main, encore un peu plus. L'Homme le regarde faire. William lui ôte le stylo des mains, avec délicatesse : respect, politesse. L'Homme écarte un peu les doigts, pour qu'il puisse le prendre plus facilement. William enfonce le stylo dans l'autre main de l'Homme. Le sang jaillit. L'Homme regarde son propre sang qui s'écoule. Un peu fasciné, il est vrai.
- If I've killed one man, I've killed two--
The vampire who said he was you
And drank my blood for a year,
Seven years, if you want to know.
Daddy, you can lie back now.*
...
Deux heures, trois heures, quatre heures. Il ignore depuis combien de temps il a rouvert les yeux. Il croit que cette expression (combien de temps) n'a plus vraiment de sens, à présent. Le temps s'est épaissi : il s'est écoulé, gluant, comme le liquide sanglant. L'obstination du temps a transfiguré le temps, et William ne le reconnaît déjà plus. Ce n'est plus le temps de jadis, ce n'est pas le temps de demain : il n'est plus de temps. Cinq heures.
Ils l'ont attaché maintenant. Les pieds fixés aux pieds de la chaise. Les mains fixés au montant de la chaise. En aluminium renforcé. Toujours la même salle, ou peut-être une autre : peut-être qu'il y a plusieurs salles, qui se succèdent, mais que toutes sont identiques, et c'est alors toujours la même salle. Plus de trace de sang. William est fatigué. Il n'a jamais prétendu résister à tout, ni même à cela.
L'Homme rentre : pas du tout, c'est toujours le même, le même commun. D'ailleurs, à la main gauche, il a un épais bandage. C'est un professionnel, William le sait bien : il n'y a pas de rancune dans son regard. Le même regard froid et patient, le même regard administratif et au mieux spéculateur, le même regard, le même regard, sur lui, posé, toujours, le même regard. Cette fois-ci l'Homme n'a pas de dossier. Il s'assoit.
- Monsieur Spencer, en raison de votre manque de coopération, nous avons décidé d'enregistrer cette entrevue. En dehors d'une sommation explicite d'une commission du Congrès, l'Agence niera être en possession de ces enregistrements. L'Agence se réserve par ailleurs le droit de détruire tout ou une partie de ces enregistrements. Avez-vous compris vos droits ?
Hochement de tête. Silence.
- Etant donné le déroulement du précédent entretien, nous avons jugé bon de rassembler les informations vous concernant par d'autres sources. Je vous prie de confirmer l'exactitude de ces informations. Acceptez-vous de coopérer, Monsieur Spencer ?
Hochement de tête. Silence.
- Vous êtes William Jonhson Fitzgerald Spencer Junior, également connu sous les noms de François-Ferdinand Girard, Rudlfo Capella, Sergueï Ilitch Morine et Aruka Harumi. Est-ce exact ?
Hochement de tête. Silence.
- Vous êtes agé de vingt ans et êtes né au Royaume-Uni, à Swindon, Wiltshire, de Serena Jessica Fitzgerald Spencer, née Winton, et de William Jonhson Fitzgerald Spencer, Senior. Vous êtes enfant unique, célibataire. Est-ce exact ?
Hochement de tête. Silence.
- Vous avez effectué votre scolarité normalement jusqu'à l'âge de sept ans. Après quoi vous avez sauté trois classes, puis encore une. Vous êtes diplômé de chimie appliquée à l'université de Cambridge, Cambridgeshire et d'électronique à l'université d'Oxford, Oxfordshire. Est-ce exact ?
Hochement de tête. Silence.
- Vous avez collaboré, pendant les deux années qui ont suivi l'obtention de votre diplôme, à la section de Logistique et d'Armement de l'Irish Republican Army. Durant ces deux années, vous avez fourni à l'IRA, ou fabriqué pour elle, sept engins explosifs, destinés à la vente pour le financement du mouvement terroriste. Est-ce exact ?
Silence.
- Monsieur Spencer, si vous nous donnez les noms de vos contacts au sein de l'IRA durant cette période de deux ans, nous sommes disposés à envisager pour vous de meilleures conditions de détention.
Silence.
-Monsieur Spencer ?
- I write it out in a verse -
MacDonagh and MacBride
And Connolly and Pearse
Now and in time to be,
Wherever green is worn,
Are changed, changed utterly:
A terrible beauty is born. **
...
- Monsieur Spencer ?
Silence.
...
- Avez-vous tué Elisabeth Frost ?
...
- get yer goat but
we don’t care do
we dearie we should
worry about the rain***
...
Deux jours, trois jours. La lumière ne s'éteint jamais. La fatigue est là, odieuse et pesante. Les choses commencent à bouger dans son esprit. Il voit son enfance. Il voit la maison, la grosse maison bourgeoise, à Swindon. Son père à un bout de la table, sa mère à un bout de la table, lui à un bout de la table. Cette enfance solitaire et silencieuse. William, William, mon chéri, mon enfant, comme tu es intelligent. William, William. Mon fils, c'est bien, mon fils, tu réfléchis, réfléchis, réfléchis, cela te mènerait loin. Ne nous déçois pas William, William.
- Etiez-vous effectivement au Japon ces deux dernières années ?
Les quatre murs sont identiques, sauf le troisième : il y a une vitre sans teint qui renvoie leurs deux reflets gris. Celui de l'Homme, de dos, et le sien. Est-ce que quelqu'un les regarde vraiment derrière cette vitre ? Est-ce que seulement cette vitre est une vraie vitre, et non point un mur comme les quatre ? Il y a quatre murs identiques, et la porte est de moins en moins grande. Ou peut-être est-ce seulement Lewis Carroll. Où sont les gâteaux pour grandir, Maman ? Allons, William, cesse de faire l'enfant.
- Avez-vous tué Elisabeth Frost ?
Mais, Maman, maman. Il se souvient d'Elisabeth. C'était un soir, il y a un an ou peut-être deux, dans un bar, au Japon, à Tokyo, peut-être. C'était la première fois qu'il la voyait. Il avait entendu parler d'elle, bien entendu. Depuis quelques mois, son nom circulait dans les milieux autorisés. Elisabeth Frost, celle qui achetait. Certains disaient qu'elle fournissait les narcotraficants d'Amérique Latine, d'autres qu'elle travaillait pour la mafia juive d'Europe centrale. Elle était arrivé un peu en retard mais, dès qu'il l'avait vu, il lui avait pardonné : elle était belle, si belle, avec ses cheveux bruns qui cachaient la moitié de son visage, dissimulaient l'un de ses deux yeux vert sombre.
Elle s'était assise, et on aurait dit un papillon, fragile, déposé sur une fleur. Qu'elle fût dans ce bar sordide pour lui acheter une bombe, il trouvait presque cela injuste. Ses lèvres étaient beaucoup trop douces (qu'en savait-il) pour pouvoir prononcer les mots nécessaires, les mots terribles qui seraient comme des condamnations, comme de petites parties des meurtres que la bombe allait commettre : ses lèvres étaient beaucoup trop roses pour se couvrir de sang.
Il n'a jamais réussi à savoir à quelle seconde de cette soirée (la première, celle où elle a parlé enfin, celle où elle s'est assise, celle où elle a dit son prénom) il était tombé amoureux d'elle. Finalement, ils n'avaient pas parlé affaire ce soir là. Ils avaient discuté, il l'avait raccompagnée à son hôtel, presque comme des gens normaux. Elle était un peu plus âgée, bien sûr, et il avait les mains pleines de sang, elle avait la bouche pleine de sang : mais un soir, pourtant, à Tokyo, ils furent innocents.
William, écoute, il faut, il faut que je, non, William, écoute, il faut que je te dise quelque chose, William. Pourtant, il voulait l'embrasser encore. William, s'il te plaît, je t'en prie. Pourquoi pleurait-elle alors ? Il n'avait pas compris, d'abord. William, je travaille pour la CIA. Je suis chargée d'infiltrer, tu sais, les réseaux, vos réseaux, ton réseau, pour démanteler, pour faire arrêter les gens, pour te faire arrêter, William, arrête, non, essaye de comprendre, William, c'était avant, avant de te connaître, je ne sais pas, essaye, tu n'essayes pas, je le vois, je le vois dans tes yeux, tes yeux sont sombres et furieux, ils lancent de sordides éclairs noirs, mais je t'en prie pourtant William regarde moi, c'était avant toi, maintenant je ne sais plus et je ne sais pas, je crois, William tu sais je crois, que je ferais n'importe quoi, n'importe quoi comme, je ne sais pas, par exemple, agent double pour toi, William, pour toi.
Chère Elisabeth. Que pouvait-il faire d'autre que partir et laisser une lettre, une feuille, sur l'oreiller de la chambre ? Limiter la trahison. Il ne pouvait rien faire d'autre alors il était resté, avec elle. Agent double pour elle. Il lui avait donné les noms, et les prénoms, et les lieux, et les prix, et les heures, il avait démantelé contre son propre camp, il s'était transformé en mercenaires. William.
- Avez-vous tué Elisabeth Frost ?
Une larme tombe sur la table d'aluminium renforcé.
...
Tu sais, William, mon fils, Cambridge, Oxford, c'est important. Tu as de grandes, de très grandes capacités, William, mon enfant, ne les gaspille pas. Il faut faire ce qui te plaît, bien sûr, mais William, je t'en prie, écoute ton père. William, tu n'écoutes jamais, jamais tu ne m'écoutes, comment veux-tu, comment veux-tu que je fasse, il faut bien, je te le dis William car tu es assez grand pour comprendre cela, il faut bien que quelqu'un reprenne l'entreprise, sans quoi, William, je ne sais pas, je ne vois pas, je ne vois vraiment pas comment nous pourrons faire.
...
- Frost.
...
William, je ne te reconnais plus. Tu n'es pas, tu n'es plus, tu n'es pas mon fils. William.
...
Ils s'étaient mariés : comme cela, timidement, en secret. Ce n'était pas officiel, bien sûr, mais ils s'étaient mariés. Elle lui obtiendrait une grâce en échange de sa coopération et ensuite, quand tout cela serait fini, ils iraient vivre loin, quelque part, en Afrique du Sud, avec les rhinocéros, dans les réserves et la savane. Parfois, elle en parlait en riant, elle avait l'air plus jeune encore, elle avait l'air insouciante, il l'embrassait.
Il n'a plus de liens aux poignets, ni aux chevilles. Il est beaucoup trop fatigué à présent pour pouvoir se défendre. Peut-être même qu'il est beaucoup trop fatigué pour pouvoir répondre aux questions. Tant de questions dont déjà ils ont la réponse. Il ne comprend même pas pourquoi il est là. Non, pas en prison : mais là, à répondre, aux questions, dont ils ont déjà la réponse. Avez-vous tué Elisabeth Frost ?
...
- Etant donné que vous avez finalement accepté de collaborer, le Département de la Justice m'a habilité à vous proposer un accord. Vous serez placé dans une maison de redressement sur les îles japonaises nommée Tadashi Daigaku, avec l'interdiction formelle de quitter la ville où la maison est sise. Vous serez muni de ce bracelet. Si vous sortez du périmètre de la ville, le bracelet nous alerte. Si vous ôtez le bracelet, le bracelet nous alerte. Si le bracelet nous alerte, vous serez poursuivi, jugé et condamné pour les crimes qui vous sont reprochés, passibles de la peine capitale. Avez-vous compris vos droits ?
- Non. Pourquoi le Japon ?
- Le Congrès a ouvert une enquête sur les prisons et les centres de l'Agence. Il est dans l'intérêt de l'Agence, et dans votre intérêt propre, que votre dossier ne soit pas relatif aux prisons et aux centres de l'Agence. Le Congrès est moins compréhensif que nous ne pouvons l'être.
...
William rentre à la maison, je t'en prie, ton père, ton père est mal, ton père s'inquiète, écoute, William, je sais que tu as fait des choses, que tu as fait des erreurs, on fait tous des erreurs, nous sommes tes parents, William, tu es brillant, tes études, William, réfléchis-y, tu pourrais encore tout réparer, je t'en prie, William. Qui était-ce, demande Elisabeth.
*Sylvia Plath, Daddy, Ariel, 1966
**William Butler Yeats, Easter 1916
*** e e cummings, raised the shade, Complete Poems 1904-1962
DOSSIER 4747 : WJFSJr.
Nom : Fitzgerald Spencer
Prénom : William Jonhson (Junior)
Surnoms : Bomberman
Âge : Vingt ans
Sexualité : Non renseignée
Description psychologique : Le sujet semble doué de capacités intellectuelles au-dessus de la moyenne. Pour des raisons de non-collaboration, le Quotient Intellectuel du sujet n'a pas pu être évalué. Néanmoins, ses aptitudes en pensée géométrique, mathématique et logique dépassent très largement ce qui reviendrait ordinairement à l'éducation qui est la sienne. Les compétences linguistiques et schématiques du sujet indiquent une mémoire très développée.
Etant donné le peu de collaboration dont le sujet a fait preuve lors de ses entretiens avec le psychologue de l'unité, il est impossible d'en dresser un profil psychologique qui soit absolument certain, et dont l'utilisation ne fasse pas courir le risque de graves approximations. Toutefois, après observation du sujet pendant son isolement et recoupement avec des témoignages, le psychologue de l'unité a cru pouvoir dresser un profil interprétatif fidèle.
Le sujet, après analyse, ne paraît pas présenter de psychopathologies graves, ni même de névroses significatives. Au contraire, il semblerait que le sujet soit doué d'une santé psychologique particulièrement stable, le rendant à même d'affronter les situations d'angoisse, de stress et de privation avec une efficacité redoutable, comme le peu de résultats obtenus après son isolement tendent à le prouver.
Le sujet développe une capacité certaine à compartimenter ses émotions et à en maîtriser les expressions. Il est donc impossible de déterminer avec certitude lesquels des souvenirs évoqués durant les entretiens avec le sujet relèvent d'une importance particulière pour ce dernier, d'autant plus que le sujet semble hermétique à toute évocation de sa vie infantile. Il prétend n'en pas garder de souvenirs particulièrement marquants.
La seconde analyse contredit la première analyse sur un point. La première analyse avait cru relever chez le sujet une incapacité émotionnelle manifeste, qui aurait expliqué l'absence de manifestations physiques de son état affectif. La seconde analyse, en se fondant sur les connaissances poétiques et la sensibilité avérée du sujet en matière d'art, croit pouvoir remettre cette observation en question, si ce n'est la contredire totalement.
En se fondant sur les témoignages recueillis au cours des enquêtes, le psychologue se permet en outre d'affirmer que le sujet est en société d'un abord aisé et calme. Il fait preuve dans les conversations de pondération et de perspicacité. Humour certain (élitiste ?). La culture et les habitudes du sujet dénotent une éducation de la classe moyenne-supérieure ou supérieure. Le sujet est sociable.
En matière de morale, le sujet est manifestement dénué de repères fixes. Cependant, ses réactions ne sont pas pulsionnelles, mais répondent généralement à une analyse stratégique des situations. Les solutions de nature sexuelles ou violentes ne sont jamais écartées par le sujet. Le sujet semble à première vue dénué de la plupart des inhibitions sociales en matière de morale. Le sujet est donc un individu dangereux.
Description physique :
Individu de type caucasien.
Taille : 1m83.
Poids : 65 kilogrammes.
Cheveux : bruns.
Yeux : bruns.
Pilosité : inexistante (maladie ?).
Voix : de moyenne à mi-grave.
Endurance : élevée.
Résistance toxicologique : élevée.
Résistance électrique : élevée.
Résistance sonore : très faible.
Résistance olfactive : moyenne.
Résistance à la douleur : très élevée (pathologique ?).
Vue : bonne.
Ouïe : excellente.
Odorat : moyen.
Toucher : bon.
Goût : moyen.
Force musculaire : faible à moyenne.
Vitesse de course : moyenne.
Respiration en apnée : élevée.
Réflexes : très élevés.
Réponse au stimuli positif : néant.
Réponse au stimuli panique : néant.
Réponse au stimuli sexuel : néant (impuissance ?).
Marque de naissance : aucune.
Cicatrices : genou gauche (1 cm), coude droit (2 cm), bas du dos (1, 5 cm).
Allergies : aucune.
Observations générales : le sujet présente une androgynie notable, mais qui n'influe cependant pas sur la détermination extérieure de son identité sexuelle. Ses comportements socio-physiques (gestes, voix, démarches) ne relèvent ni d'un schéma typiquement masculin ni d'un schéma typiquement féminin. Il semble d'ailleurs que le sujet ait conscience de la plupart de ces comportements et exercent sur eux une certaine maîtrise. L'étendue de cette maîtrise n'est pas déterminée.
Le sujet présente des particularités de métabolisme assez frappante, concernant ses résistances aux influences extérieures, qu'elles prennent la forme de stimuli ou de contraintes. Ces observations, combinées à certaines autres particularités sus-mentionnées, font songer à une composante héréditaire proprement familial. Mais étant donné le décès des parents du sujet, les examens complémentaires n'ont pas pu être menés.
Il est impossible de déterminer si les aptitudes physiques du sujet dans certains domaines (résistance à la douleur physique, endurance, respiration) tiennent entièrement ou en partie d'un entraînement. Les affiliations supposées du sujet plaident en la faveur de cette théorie. Toutefois, cet entraînement doit être resté minime : le sujet ne présente manifestement aucune aptitude particulière à la survie, au combat ou aux activités nécessitants une force particulière au-dessus de la normale. En absence de ressources annexes, il ne représente donc pas sur le plan physique un danger considérable.
Signe particulier : Sous surveillance
Rang : Pensionnaire, Département Sciences
Code : CODE BON
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t116-William-Spencer-Jr.htm
Nom : Dickens
Prénom : Shane
Âge : 16 ans, né un 28 juillet.
Sexualité : Homosexuel. Uke.
Description psychologiqueShane est un garçon très doux, encore perdu dans les limbes de l'enfance. Mais aussi très fragile, psychologiquement parlant. Il a perdu trop d'amour, en trop peu de temps, son cœur en a donc pris un coup. Mais son sourire tient bon. Travailleur, cultivé, sa musique est la seule chose qui le fait encore tenir debout à présent. Il aime qu'on s'occupe de lui, même si la peur de voir disparaitre ses amis lui broie l'esprit, dès qu'il s'attache. Il n’est pas timide mais pas extravagant non plus. C’est un adolescent comme un autre, autant il peut se montrer extraverti devant les gens qu’il connait, autant il restera froid face à un inconnu, ou à quelqu’un qui ne lui inspire pas confiance. Suite à son accident, il a une phobie du feu. Un simple briquet le fait paniquer. Il pianote souvent des doigts sur la table lorsqu’il n’a rien pour s’occuper.
Description physiqueShane est svelte, et offre une silhouette fine, presque fragile. En l’observant, on ne peut que dire de lui : « c’est UNE adolescentE… » Et il ne fait rien pour se démarquer de cette image. Par ses vêtements, sa démarche. Il n'y peut rien, c'est ancré en lui. Cela n'a jamais dérangé ses parents, il n'avait aucun raison de changer. Le petit pianiste est aveugle depuis l’âge de 10 ans. Malgré cela, il a les yeux bleus, ombrés par de longs cils qui affinent son visage et allongent son regard. Ce grand regard est encore celui d’un enfant. Il s’illumine facilement pour ce et ceux qu’il aime ou s’assombrit douloureusement quand quelque chose ou quelqu’un lui déplait. Le seul détail, qui enlaidisse son visage, à son avis, sont les restes des brulures au coin de ses yeux. Petites marques blanches. Ces cheveux sont coupés très courts. Il lui arrive un peu au dessus des épaules, et sont d’un brun foncé, quelques mèches touchant même au noir. Il les retient parfois avec une barrette noire, surtout lorsqu’il lit ou joue, pour dégager convenablement son regard, même si c’est plus symbolique qu’autre chose. Sa peau est blanche, de nacre, douce au toucher et très réceptive. Une petite poupée de porcelaine...
PasséShane est né à Knocksharry sur l’île de Man, en Angleterre. Il vit dans un cottage avec ses parents, Charlie et Jean Dickens. Charlie est l’un des commerçants les plus respectés de la petite ville et est très apprécié par tous –surtout par les autres enfants qui adorent aller se bourrer les poches de bonbons et de pétards dans son épicerie. Jean est professeur de musique, elle s’occupe de donner des cours particuliers à quelques adolescents. Ses cours se déroulent à la maison des Dickens, expliquant la présence des nombreux instruments qui peuplent la demeure. Son enfance se déroule dans un amour illimité. La petite famille est unie et solidaire. Ses parents s’aiment passionnément et choient leur enfant avec tendresse, cherchant à lui offrir une vie équilibrée et confiante.
Très tôt, Shane se découvre une passion pour la musique, et bien évidemment, cela enchante Jean. Sans demander d’aide à sa mère, sans prendre de cours, juste en écoutant les morceaux que jouent les élèves de Jean, le petit prodige apprend, retient. Et pour l’un des anniversaires de Charlie, sans le dire à quiconque, Shane offre un concerto familial. Il a à peine 6 ans.
Il fait la fierté de ses parents qui, pourtant, le poussent à ne travailler qu’à son propre rythme et seulement pour son propre plaisir. Le petit pianiste aime ce qu’il fait, ne semblant même pas se rendre compte de la beauté de ce qu’il joue, de la portée de son don musical… Pour lui, le simple fait que ses parents le félicitent pour un morceau bien joué lui suffit amplement. Après tout, il n’est qu’un enfant comme un autre….
Un soir de Noël, l’année de ses dix ans. Il pleut dehors, et la cheminée offre une belle flambée, réchauffant le cottage. Charlie cuisine pour le souper, qui sera festif comme chaque année. Jean, étendue dans le canapé et le regard perdu dans le feu, écoute d’une oreille distraite la musique qui s’échappe de l’étage. Shane, installé à son piano, dans sa chambre, joue du bout des doigts, dans les nuages. Cette soirée n’est pas tellement différente d’une autre après tout.
Le carillon de la porte d’entrée retentit. Jean se lève et, va ouvrir. L’homme qui se tient devant la porte, et qui fixe le professeur si intensément, se nomme Mark. Il est l’un des nombreux ex de Charlie, qui ne faisait aucune différence entre homme et femme avant son mariage. Et si Jean le connaît et recule instinctivement, c’est qu’il devrait être en prison pour avoir voulu, de longues années auparavant, s’en prendre à Charlie pour l’avoir quitté.
D’un violent coup de poing, Mark envoie valser la jeune femme contre le mur. Le bruit alerte Charlie. Il sort en trombe de la cuisine, analyse la situation en quelques secondes et se jette sur l’intrus. Les deux hommes se mettent à se battre brutalement : le but est de tuer, et cela Jean l’a parfaitement compris. Encore sonnée par le précédent coup, elle tente pourtant de séparer les deux hommes, bien évidemment sans succès.
Intrigué par le soudain radam qui secoue la maison au rez-de-chaussée, Shane referme le couvercle de son piano. Pieds nus, il descend timidement les escaliers, le bas de sa tunique beige frôlant les marches derrière lui. Il voit la porte de l’entrée encore grande ouverte, la pluie rentrant à l’intérieur et mouillant le tapis. Il fronce les sourcils et un soudain cri de Jean, provenant du salon, le fait détaller jusqu’à la pièce de vie. C’est pour trouver Charlie inconscient sur le sol, Jean se débattant contre le mur, un inconnu la bloquant. Le petit garçon ne bouge pas, le temps de comprendre que cet homme agresse sa mère et qu’il est dangereux.
L’enfant attrape l’un des coussins du canapé et le balance de toutes ses forces sur Mark – que voulez-vous ? il n’est qu’un enfant après tout… - Celui-ci se retourne alors et dévisage le petit brun. Il y a une très très très longue minute de silence avant que…
- Shane ! va-t-en !! sauve-toi !!!
- Ah parce qu’en plus, vous avez eu un gosse…
La voix de l’inconnu, mêlée à celle de Jean, fait monter un long frisson le long de la colonne vertébrale de Shane. Et une peur panique s’empare de lui. Il se retourne d’un coup, bien décidé à aller s’enfermer dans la chambre de ses parents et à utiliser le téléphone qui y est. Il n’atteindra pourtant jamais la porte du salon. Sa dernière vision est celle du visage de l’inconnu et de la lueur beaucoup trop vive des flammes.
Shane reste 3 semaines dans le coma, et son réveil est ponctué d’un « tu vas rester aveugle, Amour… » de la part de sa mère. Charlie ne s’est pas réveillé, lui… Il apprend que le voisin, intrigué par les cris et la porte grande ouverte, avait débarqué. L’enfant doit réapprendre à vivre. Les premiers temps sont durs, très durs. Il faut faire avec le deuil de son père et de sa vue. Il n’a même plus le désir de toucher à son piano. Jean fait tout pour lui remonter le moral, mais lui-même a du mal à surmonter la mort de son cher et tendre.
Le malheur s’abat une nouvelle fois sur la famille. Jean décède trois jours après les 15 ans de Shane. L’adolescent craque une dernière fois. Il s’enferme dans sa chambre pendant plusieurs jours, les volets fermés, seul. Il faut la voix de Toya, l'élève préféré de Jean pour le déloger de là.
C'est son ami. Et il est bien avec lui. Toya l'empêche de faire des bêtises, lui redonne peu à peu goût à la musique. Il n'y a donc aucun inconvénient à ce que Shane accompagne son meilleur ami et ses parents -ses tuteurs légaux, à présent- au Japon. Quelques mois, le petit brun parvient à surmonter le décès de sa mère. Tout du moins, son sourire doux, fait illusion. Mais la mort semble avoir décidé de détruire à chaque fois sa paisible et si difficile existence. Toya décède dans un accident de voiture.
Cela fait un mois, maintenant. Shane refuse de retourner en Angleterre. Et partager le deuil des parents de son ami est trop dur. Il n'en peut plus. Alors il est placé dans la meilleure institution qu'il y a, ici : Tadashi Daigaku.
Signe particulier : Shane est aveugle.
Rang : Pensionnaire, du Département Artistique.
Code : CODE BON.
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t115-Shane-Dickens.htm
Midi. Rythmiquement, un Soleil de plomb afflige de ses rayons, froidement féroces, caniculaires, les déambulations courageuses des rares promeneurs, dans le parc, à Tadashi Daigaku. L'ombre des peupliers s'étiole, lorsque l'astre est au zénith. Le lac même fait miroiter cruellement la lumière accablante. Finalement, rompus par la chaleur, les étudiants récalcitrants fuient la pelouse, pour se réfugier dans l'ombre artificielle des bâtiments.
Midi. L'heure clignote, insensible, sur l'horloge vieillie du tableau de bord désuet de la voiture qui, obsolète, crachote son chemin sur la route, passe le portail, dévore les graviers dans un grondement rendu sinistre par le silence désertique du parc. La mot « Police » : sa peinture s'écaille, et tombe en lambeaux, et l'acier des portières est jauni par le temps : jusqu'à l'acier des portières, se dit-il, Policier, en sortant de la voiture.
Midi. Le jeune homme sent l'acier rutilant des menottes lui brûler les poignets. Inconfortablement, il suit les mouvements du policier, qui ouvre la portière, et le jette presque dehors, contre le gravier. Un son de tissu, mou et honteux, lui indique que son sac l'a rejoint, et dans un crissement, qui jette contre lui quelques graviers, la voiture s'éloigne : sans plus d'explications. Sans doute ne sont elles pas nécessaires : il y a des choses, comme le malheur, qui sont évidentes.
Ariel se redresse, attrape son sac, le jette sur son épaule. Il est beau. Il trouve le moyen d'être beau même dans son adversité ; cette perfection physique l'insupporte, elle lui pèse comme un carcan, elle le terrifie. Pourtant, comme il n'a que cela, il consent à l'entretenir, aussi servilement et craintivement que l'ouvrier prend soin de la machine qui l'enchaîne à sa condition.
Les bâtiments, avec une rigueur géométrique et glaciale, se découpent à l'horizon ; non, ils découpent l'horizon : arrachent, cruellement, au Ciel azuré, un morceau bleu, le possèdent, le peuplent de toute leur artifice. Ariel se met en marche, lentement. Le chemin à prendre n'est pas très compliqué à deviner : un bâtiment, au centre. Dedans, sans doute, des bureaux, des réceptions, des secrétariats, des papiers à remplir. Le juge, éphémère apparition d'une justice lointaine, comment a-t-il appelé ce lieu ? Un pensionnat.
Ariel se dirige donc vers le pensionnat. Bientôt, à l'intérieur du hall, grand et pesant sur lui de toute sa supériorité architecturale, il se retrouve face au plan de sa nouvelle demeure. Chaque ligne qui délimite un mur, et particulièrement celles qui, autour du parc, schématisent le portail, le rappelle à son enfermement. Ici, il vivra sans doute plus confortablement qu'ailleurs, qu'avant, et pourtant, chaque mur lui arrache sa liberté.
Vous êtes ici. Le rond rouge plastifié collé sur le plan, c'est curieux, mais il lui semble qu'il est là tout exprès pour le plonger un peu plus dans son humiliation. Le jeune homme secoue la tête, faisant voler les mèches blondes, comme pour se sortir de ses impressions mélancoliques. Il dépose un doigt sur le rond et suit le chemin qui mène à la réception sur le plan. Un soupir. Son poing se referme sur le mur, crispé, anxieux, énervé et apeuré. Il se sent comme un animal traqué, comme un enfant perdu, comme d'habitude.
L'adolescent abandonne son immobilité pour commencer à s'orienter dans les couloirs, avec cette démarche délicatement sensuelle, savamment gracieuse, et pourtant naturelle, qu'ils ont réussi à lui inculquer. Il croise deux ou trois personnes et parfois, au détour d'un couloir, lorsque les passants, ne le voyant plus, s'imaginent qu'il ne les entend pas, il entend des remarques. Des remarques plutôt flatteuses, sans doute, mais des remarques sur son physique, qui vrillent en lui l'impression de n'être que cela.
Il y a quelque chose de terrible dans les bâtiments collectifs, dans les écoles, les hôpitaux, les pensionnats, c'est l'uniformité désespérante des lieux : sur les murs, la même peinture, sur le sol, le même recouvrement, sur les lumières, les mêmes ampoules. Les textes, au même format. Les gens, tous identiques, les gens, sans identité, comme lui. Alors que lui, ce qu'il veut, c'est que quelqu'un, enfin, lui donne la clef, une clef, n'importe laquelle, pour ouvrir une porte de son être, pour lui révéler qu'il n'est pas qu'une coquille, qu'un objet de décoration et de désir.
Un guichet finit par se dessiner devant lui : Ariel aurait juré pouvoir en deviner la forme avant même de l'avoir vu. C'est un guichet, bien sûr, qui ressemble à toutes les réceptions de tous les bâtiments administratifs du monde. Même lui, qui du monde n'a pas vu grand chose, qui n'a jamais vraiment quitté la Ville, même lui le sait, avec cette conviction intime avec laquelle le moindre désespoir l'emporte sur la plus forte argumentation.
L'adolescent hésite, un peu, puis s'avance finalement. Il dépose une main sur le bord du guichet, les doigts fins caressant légèrement le bois. Personne de l'autre côté de la réception. Il y a bien une sonnette, mais il n'ose pas d'abord l'utiliser, un peu trop timide pour s'imposer de la sorte. Et puis, peut-être aussi qu'il n'a pas envie de se conformer tout de suite au règlement. Mais en même temps, son âme est trop fatiguée pour lutter tout à fait et, après avoir attendu un certain temps, il décoche une pichenette au disque cuivrée qui se met à résonner.
Il ne faut guère que quelques secondes au réceptionniste pour émerger du bureau, derrière. Sa première réaction est de marquer un temps d'arrêt pour détailler la physionomie d'Ariel, avec le même air d'appréciation qu'il aurait eu pour un tableau ou une prostituée. Le jeune homme baisse les yeux, dérobant l'étendue lacustre et profonde de son regard à l'inquisition presque obscène de l'étranger, fixant le comptoir en pin.
Mais comme le réceptionniste lui demande ce qu'il peut faire pour lui, alors que la chose est aisée à deviner, de son sac, de son air perdu, de son visage nouveau, Ariel est obligé de répondre, de faire entendre cette voix travaillée, travaillée jusqu'à être devenue naturellement délicieuse, qui ajoute encore à son inconfort. Un automate qui parle : c'est tout lui. De temps en temps, le type hoche la tête, et il lui tend continuellement des papiers qu'il faut remplir.
Des papiers sur lesquels, bien sûr, il n'a pas grand chose à mettre. Lui qui n'est rien (un bel éphèbe), n'a jamais rien été (mannequin et voleur), n'a jamais rien possédé (des vêtements), qui n'a plus aucun parent (aucun), seul, dépouillé. Quel sens peuvent bien avoir toutes ces cases et ces questions, lorsqu'on se sent vide, vide comme l'absence, vide comme la mort ? Et ce qui lui pèse encore plus, c'est que même dans sa mélancolie, il sent bien au regard du réceptionniste sur lui qu'il n'a rien perdu de sa beauté.
Beauté, détestable.
Message: http://tadashi-daigaku.xooit.com/t114-Reification-de-l-ephebie-sycophantee-Prive-Yuri.htm
Nom : Anju
Prénom : Ariel
Surnoms : Le Chimpanzé
Âge : Dix-neuf ans
Sexualité : Homosexuel
Description psychologique : Ariel a toujours été d'un naturel timide, mais d'une timidité d'abord douce et simplement réservée, qu'un peu de sympathie et de tact soignent aisément. Les évènements qu'il eut à traverser au cours de sa vie le disposèrent à une distance plus sombre et mélancolique, et il y a toujours dans son comportement un soupçon de méfiance, souvent involontaire, qu'il essaye de combattre pour s'intégrer.
Il cherche compulsivement à plaire aux autres, mais pas par son physique : par sa douceur, par son intelligence. Mais il n'a pas fait de grandes études, et il est sans doute plus malin qu'instruit. Telle est la source de son complexe majeur : ne rien savoir, n'être bon à rien qu'à exhiber son corps et sauter de balcons en balcons. Alors il a une difficulté immense à croire aux compliments, à se sentir à son aise.
Mais, au fond, Ariel est d'une volonté de fer. S'il a du mal à assumer le rôle central que son physique lui fait parfois prendre, si sa timidité l'emporte de plus en plus souvent, il n'en reste pas moins des plus capables à s'en tenir à une résolution prise, à réussir un projet qu'il s'est proposé, quelque soit la difficulté. De la même façon, une fois sa sympathie acquise, il est d'une amitié indéfectible et féroce.
D'ailleurs, malgré les apparences et son comportement au premier abord, Ariel ne demande rien plus que d'accorder sa sympathie et d'en récolter en retour. Le vide affectif dans lequel il a passé toute sa vie le pousse à rechercher toutes les approbations et toutes les douceurs, à presque tous les prix, même lorsqu'ils sont physiques.
Description physique : Ariel est un exemple de beauté : un véritable exemple, puisqu'il s'agit d'un ancien mannequin. Il n'était pas parmi les plus célèbres, mais son visage et son corps ont habités quelques publicités célèbres. Ce qui le fit remarquer d'abord, ce furent les traits cristallins de son visage, avec cette innocence blonde tantôt mutine tantôt mélancolique que les photographes savent plaire au public. Et puis ses yeux d'un bleu sombre et métallique jouaient trop bien avec la lumière pour laisser le milieu de la mode insensible.
Alors on le fit travailler. On s'employa à sculpter son corps avec une précision de diététiciens et de coachs sportifs : il s'agissait de développer chaque muscle dans la proportion qui convenait le mieux, celle qui se plaisait le plus aux jeux de l'ombre et de l'huile. Ariel acquit, par la force du travail, le physique rêvé que les magazines pour adolescentes détaille de bout en bout avec, en plus, ce charme qui lui était propre.
Puis ce furent les conseils des anciens mannequins : il fallait apprendre à bouger, à marcher, à se tenir, tout apprendre, tout construire, et pourtant tout cela devait paraître naturel. On le faisait tant répéter que les mouvements finissaient par se graver dans son inconscient, par devenir réellement une seconde nature. Il n'y a pas un vêtement dont le port lui soit inconnu.
Enfin, parce qu'il fallait aussi vendre la marque dans les salons et les cocktails, il dut apprendre la diction, les intonations de voix un peu graves, toujours douces, caressantes, qui séduisent un auditeur. La création est ainsi parfaite, mais le jeune homme a parfois l'impression que ce corps splendide ne lui appartient pas. L'impression d'être devenu un objet.
Passé :
Chapitre Premier
L'eau l'enveloppait complètement, et avec douceur. Certains aiment la mer : ils aiment l'iode et le vent, le bruit des vagues, et cette nature, sévère, qui gronde. C'est un peu comme si le monde respirait, une vague. Lui, au contraire, il aimait l'eau des piscines, aux heures tardives, aux heures matinales, lorsque personne n'était encore là, lorsque le bassin, d'un bleu artificiel et parfait, purifié au chlore, s'offrait à lui seul, dans le silence. Il aimait cela, cela l'apaisait. Il prenait sa respiration, se plongeait dans l'eau : sans poids, sans odeur, sans bruit, personne.
Mais dès que les bruits des vestiaires se faisaient entendre, dès que les premiers nageurs foulaient le carrelage encore sec de la piscine, dès que l'eau frémissait dans les bassins, dès que les voix frappaient avec leurs injonctions sinistres les plafonds industriels du bâtiment, dès que le jour triturait nerveusement l'opalescence moite de son environnement, l'horreur qu'il aurait eu de devoir exposer son corps aux regards étrangers le forçait à s'extraire de sa méditation, à gravir la petite échelle métallique qui l'amenait sur le carrelage, à rentrer aux vestiaires alors que, déjà, il sentait les regards, il entendait les premiers commentaires, sur lui.
Ce jour là, il y avait moins de monde qu'à l'ordinaire, et c'était étrange : les premiers jours de l'été, d'habitude, amenaient une foule de baigneurs occasionnels, que la chaleur plus que l'exercice poussaient à rechercher la fraîcheur surpeuplée des piscines. Ariel n'y prêta pas attention ou, s'il le fit, ce ne fut que pour s'en réjouir : moins de gens, moins de regards, pour une fois. Il ne songeait pas à s'en plaindre.
Dans les vestiaires, il faisait attention. Il prenait ses vêtements, silencieux, se glissait dans une cabine, sans faire de bruit, et la verrouillait, soigneusement : toujours. Avant de s'en changer, il attendait quelques instants, toujours : pour voir si personne ne l'espionnait. Ce n'était pas qu'il fût méfiant : il voulait juste que, pour une fois dans la semaine, tout soit calme. Il fit comme d'habitude, cette fois là, comme les autres, comme toutes les autres. Il n'y avait pas de raison pour qu'il en fût autrement.
Il tourna lentement la poignée de la porte de la petite cabine, pour savourer encore quelques secondes ce calme. Mais, soudain, inexplicablement, la poignée lui échappa des mains : la porte avait été tiré violemment en arrière, et lui-même était extrait sans ménagement de son abri précaire. Il sentait se refermer sur son poignet la force masculine et grossière d'une main étrangère, mais il ne voyait pas très bien, ne comprenait pas très bien, ce qu'il se passait. Il y avait des cris, et des hommes, des étrangers, aussi, qui lui disaient des choses, lui expliquaient des choses, qu'il ne comprenait pas très bien.
Toutes les images se fondaient les unes aux autres, parcellaires et incompréhensibles, avec une lenteur de rêverie, et avec ceci du rêve : l'absurdité. Péniblement, Ariel essayait de détacher les morceaux les uns des autres pour reconstituer une scène normale. Alors qu'il espérait, en reconstruisant l'ensemble, comprendre enfin quelque chose, ce ne fut que d'un fragment infime de ce tourbillon soudain qu'il déduisit ce qui lui arrivait : ce petit brassard sur un bras, avec, dessus, un mot : police.
Chapitre Deuxième
C'était tout à la fois un jeu, un exercice physique, un problème mathématique et un ballet. C'était à la fois compliqué et simple. Il ne savait pas trop si c'était dans la simplicité ou la complexité de l'entreprise qu'il excellait, ni quelle part à proprement parler de ce qu'il faisait était celle qui lui donnait la maîtrise sur le reste. Peut-être était-ce un peu tout à la fois ; ou bien son intuition, si particulière et tant enviée, l'empêchait de s'arrêter aux distinctions et lui permettait de tout saisir, ensemble, soudainement.
Les immeubles se succédaient, un peu comme un jeu de constructions. Les façades présentaient leurs points d'appui, les toits leurs points de chute, les balcons leurs prises. Il suffisait de ne plus penser en deux dimensions, de ne rien se refuser, et tout devenait possible. Ariel avait tant de facilités à maîtriser cette discipline si particulière qu'il en était venu à croire qu'il s'agissait d'un pur exercice de volonté, sans très bien mesurer dorénavant ce que son talent devait à l'entraînement physique.
L'hôtel découpait sa silhouette un peu en dessous du toit sur lequel il se tenait. Ce qu'il y avait d'amusant, songea-t-il, c'était que plus les immeubles étaient luxueux et anciens, plus leurs façades riches et complexes offraient d'aspérités, de rondeurs et de corniches pour évoluer. Or, c'était, en général, précisément dans ces bâtiments de prestige qu'il devait se faufiler.
Il se laissa glisser le long d'une gouttière pour arriver sur le toit de l'hôtel, comme un chat. Les lampadaires, trop bas, n'éclairaient que la rue ; la lune, trop mince, ne jetait qu'une lumière maladive sur le toit. Personne ne pouvait le voir. De toute façon, personne n'aurait eu l'idée d'examiner un toit qui semblait inaccessible. Il avisa la petite porte qui conduisait aux greniers.
En un rien de temps, il était devant la chambre 47. Il longea une main gantée dans sa poche pour en extirper la carte que les autres lui avaient fournie. La porte s'ouvrit sans problème sur une suite luxueuse. Il avait l'habitude de ce genre de décors, et l'habitude, surtout, de songer qu'il n'aurait jamais le loisir d'approcher de cela, ni même d'un véritable confort. L'habitude, enfin, de ne se pas laisser gagner par le découragement.
Un petit tiroir. Un petit tiroir. La description n'était pas très précise et il n'avait pas non plus un temps extensible pour fouiller la suite. Sans doute fut-ce la précipitation qui l'empêcha de prêter attention à la caméra de sécurité qui, de manière exceptionnelle, à la demande particulière du client, avait été installée dans un coin de la suite. Il ne l'avait toujours pas remarquée lorsqu'il sortit de la suite avec le calepin demandé.
Et lorsqu'il avait regagné le toit, lorsqu'il s'apprêtait à rejoindre le reste du groupe pour lui donner le calepin et toucher son salade, maigre, insuffisant, la sécurité de l'hôtel, bien qu'elle n'eût pas la chance de le rattraper, cette chance dont il croyait fermement que personne ne l'aurait jamais, avait déjà appelé la police, et lorsqu'il était, enfin, rentré dans la chambre de bonne sordide qui lui servait de refuge, la police avait déjà récupéré la cassette de surveillance.
Chapitre Troisième
Les mains, les vêtements, les aiguilles, les ciseaux, les pans de tissus, les talons, les vestiaires roulants, les roulettes de vestiaires roulants, les morceaux de roulettes de vestiaires roulants, les couturiers, les mannequins, les cheveux, les chapeaux, les accessoires, les techniciens, les projecteurs, les bruits, les cris, les excuses, tout, tout volait, les uns contre les autres, les uns sur les autres, dans un chaos incompréhensible, total et léger.
Au début, Ariel avait aimé cela. C'était comme un jeu. Et puis il se sentait flatté. Choisi pour sa beauté, les gens s'occupaient de lui, et d'autres encore le regardaient, le détaillaient. Dans ses vêtements qu'il venait présenter, il s'était senti un peu comme un bijou dans un écrin. C'avait été la première fois de sa vie que, d'une façon ou d'une autre, on avait vraiment pris la peine de faire attention à lui.
Mais il s'était vite rendu compte que, au milieu de ses habits, le mannequin n'est qu'un objet. Il ne s'était plus alors senti contemplé mais épié. Il lui semblait que son corps ne lui appartenait plus, que sa beauté avait été pervertie. L'oeil critique du couturier, le regard professionnel de la maquilleuse, l'objectif crépitant des appareils photographiques et le regard concupiscent des passants sur les magazines et les affiches dans la rue, tout cela l'insupportait.
Le pire,